Politique économique / AFEP / Gérald Darmanin / Laurent Burelle / Eric Woerth
Politique économique
AFEP / Gérald Darmanin / Laurent Burelle / Eric Woerth
La politique de Gribouille de Gérald Darmanin
Au moment où la France commence à s’enfoncer dans la léthargie estivale, les technos de Bercy préparent le projet de loi de finances pour 2020. Et selon les informations obtenues par WanSquare auprès de certains parlementaires de la Commission des Finances, c’est que Gérald Darmanin, le ministre des Comptes Publics a renoncé, une fois encore, à faire baisser la dépense publique. Celle-ci augmenterait, l’an prochain en volume de 0,5 %. Ce qui est considérable au regard de l’état de nos comptes publics. D’autant qu’il est prévu une nouvelle hausse de 0,5 % en 2021. Cela signifie que les dépenses pilotées par Bercy augmenteront de près de 15 milliards d’euros d’ici 2022.
Comme Gérald Darmanin veut empêcher que le déficit repasse sous la barre des 3 % du Produit intérieur brut. Ce qui a été le cas l’an passé. Et ce qui sera peut-être le cas cette année. Car cela entraînerait l’ouverture d’une procédure de sanction contre la France de la part de la Commission européenne qui serait du plus mauvais effet, ce sont les collectivités locales qui vont être mises à contribution. Comme si aucune leçon n’avait été tirée par le gouvernement du mouvement des Gilets jaunes largement lié au défaut de moyens publics dans les territoires.
Les autres "cochons payants" de Gérald Darmanin seront les entreprises. Car une entreprise, ça ne vote pas. Et elle paie toujours ses impôts. L’impôt sur les sociétés qui devait être abaissé à 25 % au début du quinquennat ne le sera finalement qu’en 2022. Promesse repoussée aux calendes grecques. Ce qui fait dire à Éric Woerth : "revenir sur une baisse d’impôts, c’est une hausse." On ne saurait être plus clair. À cela vont s’ajouter la suppression de plusieurs niches fiscales comme celle qui va entraîner la hausse de la fiscalité sur le gazole non routier. Sans compter certains députés qui veulent revenir sur des baisses de charges sociales au-delà de 1,6 SMIC. Ce qui aurait pour conséquence d’accroître le coût du travail.
On comprend dans ces conditions que l’Afep tire la sonnette d’alarme en publiant son étude annuelle faite à partir des 113 grands groupes adhérents à ce lobby patronal. Une étude qui révèle que ces entreprises ont supporté 71 milliards d'euros de prélèvements obligatoires en 2018, soit 20 % de tous ceux payés en France par les entreprises. Mais l'Afep va plus loin en montrant que la concentration de l'Impôt sur les Sociétés sur ses adhérents est de plus en plus forte. Les 11 milliards d'euros payés l'an dernier représentent 17 % de la totalité des recettes de l'impôt sur le bénéfice, alors que le taux était plutôt de 14 à 15 % il y a quelques années.
Comme le rappelle Laurent Burelle, le président de l’Afep : "Cette trajectoire (de la baisse de l’impôt sur les sociétés) promesse phare du président de la République, est indispensable à l'attractivité du pays. Certes, la pente est raide mais il faut s'y atteler comme l'ont fait tous nos partenaires européens, sans compter les Américains, sinon la France va décrocher. La moyenne de l'Union européenne est à 22 % !"
Mais plutôt que de donner de l’air aux entreprises qui seules créent la richesse que l’Etat peut ensuite distribuer sous forme de pouvoir d’achat, Gérald Darmanin, tel Gribouille, fait l’inverse et taxe toujours plus les entreprises, sans même faire le moindre geste sur les taxes à la production. Rappelons que Gribouille, voyant venir la pluie, se jeta, tout habillé, dans un étang pour éviter d’être mouillé par l’averse. Cela illustre assez bien la manière dont Bercy s’occupe de nos finances publiques.
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