Evenements / Bic / Eric Woerth / Gonzalve Bich
Evenements
Bic / Eric Woerth / Gonzalve Bich
L’action Bic, nouvelle victime des vendeurs à découvert ?
La mission parlementaire de la Commission des Finances présidée par Éric Woerth vient de rendre un rapport très précis sur les menaces que font peser les vendeurs à découvert sur quelques-unes de nos plus belles sociétés cotées. Dans la foulée il a formulé 13 propositions permettant de mieux réguler l’action destructrice de ces fonds vautours qui se sont illustrés en s’attaquant notamment à Casino ou à Vallourec. Mais il y a malheureusement loin de la coupe aux lèvres entre les recommandations formulées par la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale et leur traduction dans la loi ou dans le règlement général de l’Autorité des Marchés Financiers.
Si bien que d’ici à ce que les autorités financières de la Place de Paris se réveillent, il est possible que l’on assiste à la ronde des vautours sur une autre belle société de la cote : Bic. Selon les informations collectées par WanSquare, le montant des ventes à découvert sur l’inventeur du stylo à bille représente déjà 12,8 % de son capital. Mais compte tenu du fait que plus de la moitié du capital de Bic est dans des mains stables (la famille Bich, la société Bic et le fonds de pension Alecta), les vendeurs à découvert maîtrisent déjà un quart du flottant de l’action. C’est-à-dire qu’ils sont en mesure de faire la pluie et le beau temps.
Ils n’ont certes pas choisi Bic par hasard. La société familiale dort sur ses lauriers depuis plusieurs années, et voit ses principaux business décroître sans chercher à contre-attaquer par l’innovation. Ainsi, au premier semestre, le bénéfice d'exploitation normalisé a atteint 153,1 millions d'euros, en recul de 18,7 %. Quant au chiffre d'affaires, il s'est inscrit à 960,2 millions d'euros en baisse de 1,6 % à base comparable. Et la marge d'exploitation normalisée s'est repliée à 15,9 % perdant presque quatre points en un an.
Le management a tenté de réagir en lançant un plan de transformation à horizon 2022, baptisé "BIC 2022- Invent the future", devant lui permettre de devenir plus agile, intégré et innovant. Le groupe s'est ainsi fixé quatre objectifs d'ici à 2022 : réaliser 10 % de ses revenus dans le commerce en ligne, augmenter le nombre de dépôts de brevets de 20 % par an, réaliser "dans un premier temps" au moins 20 millions d'euros d'économies annualisées pour les réinvestir dans la croissance, et interagir directement avec 20 % de ses consommateurs. Mais manifestement le marché n’y croit pas. Ce qui permet aux vendeurs à découvert d’accroître leurs positions tout en gagnant de l’argent. On ignore si certains fonds activistes ont pris contact avec la société ou s’ils se contentent de regarder le titre plonger.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

