Publications, Résultats / Bic / Gonzalve Bich
Publications, Résultats
Bic / Gonzalve Bich
Y a-t-il vraiment un pilote chez Bic ?
Naturellement Gonzalve Bich, le fils de Bruno Bich et le petit-fils du fondateur de Bic est très satisfait des résultats du groupe pour 2018. Il estime "avoir atteint ses objectifs" et il est tout aussi optimiste pour 2019. Alors que le chiffre d’affaires publié est en recul de 4,5 % et qu’il ne progresse que de 1,5 % à données comparables. Quant au résultat d’exploitation publié il est en recul de 31 % à 258,8 millions d’euros. De fait Bic publie un résultat d’exploitation normalisé qui ne tient pas compte des coûts de restructuration – qui sont pourtant des charges nécessaires à la vie de l’entreprise – et qui est également en baisse par rapport à celui de 2017.
Le juge de paix, c’est donc le résultat net part du groupe qui s’établit à 173,4 millions d’euros, en baisse de près de 40 %. Mais comment en serait-il autrement dans un groupe qui ne connaît pas Schumpeter. Le bic et toute l’activité papeterie souffrent du fait d’un nouveau mode de vie numérique dans les économies développées. Le chiffre d’affaires des briquets croît très modérément et est naturellement corrélé à la baisse de la consommation de tabac. Quant aux rasoirs ils souffrent de la mode très occidentale consistant à se laisser pousser une mince barbe. Tout cela donne un groupe qui repose sur trois activités plus que matures, qui sont en fait structurellement en déclin et où aucun effort d’innovation n’a été fait pour faire face à la destruction créatrice chère à Schumpeter qui fait vivre le capitalisme.
De fait Bic est devenue une sorte de vache à lait, toujours très rentable, qui gère la décroissance et qui a consacré l’an passé 212 millions d’euros à rémunérer ses actionnaires par un dividende généreux et par des rachats d’actions. Cela n’est pas un modèle durable. Il y a loin de la coupe aux lèvres entre l’ambition créatrice de Marcel Bich et la gestion sans innovation de son petit-fils. Si bien que même le rendement de 4 % que procure l’action ne peut servir de raison d’acheter ce titre pour lequel il y a de quoi nourrir des inquiétudes.
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