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STMicroelectronics, semi-conducteurs, troisième trimestre, marge

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STMicroelectronics saisit sa chance

Le fabricant franco-italien de semi-conducteurs a profité d’un alignement de planètes favorable au troisième trimestre, ce qui l’autorise à être raisonnablement optimiste pour le reste de l’année et 2021.
STMicroelectronics - logo
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STMicroelectronics a bénéficié d’une rare conjonction de facteurs favorables au troisième trimestre, qui expliquent l’écart étonnant entre sa prévision de progression de son chiffre d’affaires par rapport au deuxième trimestre, énoncée en juillet à 17,4%, et le chiffre définitif de 27,7% (à 2,67 milliards de dollars). Une conjonction dont il n’avait lui-même pas prévu l’ampleur.

Comme l’ont déjà attesté plusieurs témoignages, le secteur de l’automobile, que l’on pensait au départ quasiment aussi touché que l’aéronautique, s’est redressé beaucoup plus rapidement que prévu. "Nous pensions que les commandes de nos clients redémarreraient en septembre, le mois d’août leur servant traditionnellement à ajuster leurs inventaires. Or, la demande des équipementiers pour les composants classiques s’est accélérée dès la mi-août. Pour deux raisons : une partie de la chaîne de valeur travaille sans stock – les mouvements de commandes ont donc été brutaux – et, concernant le consommateur final, la fin du confinement a provoqué une accélération des achats de véhicules, amplifiée par les aides d’Etat", explique à Wansquare Jean-Marc Chéry, PDG du fabricant franco-italien de semi-conducteurs.

Le groupe a également profité d’un rebond inattendu dans l’électronique personnelle et les télécommunications. "La demande a profité du cumul entre l’innovation (5G, réalité augmentée…) et le recours croissant au télétravail provoqué par le confinement, pour lequel les entreprises ont équipé leurs équipes en tablettes par exemple. Enfin, Huawei a cherché à s’approvisionner le plus possible en composants avant le 15 septembre [date depuis laquelle il est interdit à l’équipementier chinois de s’approvisionner en composants contenant de la technologie américaine]", explique Jean-Marc Chéry. Mais évidemment, cette surconsommation de la part de Huawei s’est brutalement arrêtée après cette date. Or, ce client représente près de 5% du revenu de STMicro.

Dernier facteur positif au troisième trimestre : la consommation en Chine a rebondi à un rythme au moins équivalent à la période pré-Covid. Or, ce marché ne représente pas loin de 30% du chiffre d’affaires de STMicro.

La sous-utilisation des capacités de production pèse 

En revanche, et cela n’est pas une surprise, le groupe n’a pas pu empêcher l’érosion de sa marge brute au troisième trimestre : atteignant 36% du chiffre d’affaires, elle a reculé de 190 points de base (pb) sur un an. STMicro a souffert de la pression sur les prix et de charges liées à la sous-utilisation de ses capacités de production – un phénomène lié aux mutations auxquels ses clients industriels doivent faire face (électrification du véhicule, conduite autonome, usine connectée, internet des objets…), qui engendrent des ruptures technologiques, que la crise sanitaire a accélérées. Pour l’instant par exemple, l’automobile traditionnelle représente encore 70% des revenus des produits de STMicro destinés à ce secteur, contre 30% pour les relais de croissance (électrification du véhicule, conduite autonome, véhicule connecté). Jean-Marc Chéry estime que le rapport devrait être de 60/40 en 2021 et atteindre l’équilibre vers 2023.

D’un trimestre à l’autre, la marge brute de STMicro s’est néanmoins améliorée (elle était de 35% au deuxième trimestre) et elle dépasse légèrement le consensus des analystes (35,8%). Et le groupe a donné des perspectives encourageantes, en estimant que la tendance à l’amélioration devrait se poursuivre : il anticipe une marge de 38,5% au dernier trimestre (dont 70 pb de charge de sous-utilisation), soit 80 pb au-dessus du consensus mais 80 pb de moins qu’un an plus tôt (39,3%). "La marge brute devrait se situer autour de 37% pour l’année 2020, dont 160 points de base au titre des charges pour non-saturation des capacités de production. Pour 2021, notre baseline se situe entre 38,5 et 39%, sachant que nous visons à terme un modèle économique capable de générer aux alentours de 40% de marge", ajoute Jean-Marc Chéry, confirmant l’objectif de long terme qu’il avait fixé lors de son Capital Market Day de mai 2019. De plus amples précisions seront communiquées lors du prochain CMD sur la stratégie globale du groupe, prévu mi-décembre.

En termes de chiffre d’affaires, STMicro s’attend à une hausse séquentielle d’environ 12% au dernier trimestre (et de 9% par rapport à la même période en 2019), à près de 3 milliards d’euros. Pour l'ensemble de l'exercice 2020, il prévoit à présent un chiffre d'affaires de 9,97 milliards de dollars (au point médian de ses prévisions), soit une croissance de 4,3%, avec une marge d'exploitation d’au moins 10% (contre 12,3% au troisième trimestre et 12,6% en 2019).

Après avoir passé une bonne partie de la séance dans le vert, l’action du groupe franco-italien a terminé en baisse de près de 1%, alors que le CAC 40 était stable.

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