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STMicroelectronics / semi-conducteurs

STMicroelectronics fait coup double

Le fabricant de semi-conducteurs a fait mieux que prévu au deuxième trimestre et a relevé ses prévisions pour 2020. Il profite d’un vigoureux rebond chinois et d’une gestion habile de ses commandes avec ses grands clients.
Jean-Marc Chéry - STMicroelectronics
Jean-Marc Chéry - STMicroelectronics

STMicroelectronics a publié des comptes supérieurs aux attentes des analystes au premier semestre 2020 et il a relevé sa prévision de chiffre d’affaires pour l’année. Le fabricant franco-italien de semi-conducteurs anticipe désormais des revenus compris entre 9,25 milliards et 9,65 milliards de dollars, contre une fourchette précédente de 8,8 à 9,5 milliards, établie en avril. Il a également accru son budget d’investissement pour l’année à 1,2 milliard de dollars.

STMicro s’était déjà distingué en établissant des prévisions il y a trois mois, alors que beaucoup de concurrents y avaient renoncé. Un exercice forcément incertain, établi à partir des portefeuilles de commandes existants, du niveau des stocks, des prévisions des grands clients, informations croisées avec de l’observation des perturbations de marché (en particulier l’automobile, l’un des principaux débouchés du groupe) et des prévisions de consultants.

Mais plusieurs éléments ont permis au groupe dirigé par Jean-Marc Chéry à réviser de manière "agressive" ses prévisions, notamment pour le troisième trimestre – le groupe prévoit au troisième trimestre en particulier une croissance du chiffre d’affaires de 17,4 % par rapport au trimestre précédent, avec une marge brute de 36% (contre 35% au T2 et 37,9% au T1).

D’une part, il indique avoir bénéficié de la reprise en "V" du marché chinois, grâce à des produits adaptés à la demande locale, notamment dans les microcontrôleurs et les composants de puissance. Plus globalement, STMicro a connu une dynamique positive au deuxième trimestre liée au marché industriel sur les marchés asiatiques, qui se poursuit au troisième trimestre. D’autre part, la tendance est positive du côté des programmes spéciaux, signés avec ses principaux clients, qui devraient représenter la moitié de l’augmentation séquentielle du chiffre d’affaires au deuxième semestre.

Le groupe a également observé au cours du semestre passé des incohérences entre les prévisions de commandes dans l’automobile et le rythme de consommation des stocks en consignation chez ses clients, signes de fortes baisses de production. STMicro a entrepris une démarche active de nettoyage des portefeuilles de commandes en contactant ses clients. Cela lui a permis de démarrer le mois de juillet avec des portefeuilles de commandes sains.

Positionné sur les tendances de fond qui répondent à des besoins réels et économiques, STMicro est bien armé pour répondre au contexte à venir, malgré les incertitudes, estime Jean-Marc Chéry. "Le seul changement d’envergure que provoque la crise sanitaire concerne l’industrie automobile. Dans les autres secteurs d’activité, on observe plutôt une accélération ou une confirmation des tendances existantes", indique-t-il à Wansquare.

Si le rythme de redémarrage de la production automobile et l’avenir des motorisations essence et diesel brillent par leur incertitude, sur le marché des applications industrielles, le dirigeant souligne que les entreprises qui ont le mieux résisté à la pandémie sont les plus avancées dans l’automatisation de leurs procédés ; avec la crise sanitaire, les équipements de détection ou de lutte contre les épidémies (comme les respirateurs) ne sont désormais plus un secteur de niche, mais de volume. De quoi soutenir la demande en composants électroniques. La demande de smartphones, tablettes et autres objets connectés devrait également être soutenue par la 5G, qui permet davantage d’échanges et de rapidité. Jean-Marc Chéry ne voit donc pas de raison pour ajuster les ressources et les moyens du groupe, qui a maintenu son objectif de chiffre d’affaires de 12 milliards de dollars en 2022.

Toutefois, un grain de sable extérieur pourrait enrayer la mécanique. "Ce qui perturbe le plus, ce sont les conséquences de la guerre commerciale sino-américaine. Les tensions vont-elles se limiter à Huawei et à la 5G, ou vont-elles s’étendre à d’autres entreprises ou secteurs de l’économie ?", s’inquiète le président du directoire de STMicro, appelant les États à œuvrer pour stabiliser les échanges dans le monde.

Quoi qu’il en soit, la crise risque en revanche de rebattre les cartes dans le paysage concurrentiel des semi-conducteurs. STMicro compte-t-il en profiter ? "L’objectif d’atteindre 12 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2022 repose sur une stratégie de croissance organique avec des acquisitions modestes ciblées. Si vous faites allusion aux grandes manœuvres, l’abondance actuelle de liquidités sur les marchés a renchéri le prix des actifs. Le prix des entreprises high-tech est trop élevé", explique Jean-Marc Chéry – allusion notamment à l’acquisition récente de Maxim Integrated par Analog Devices : certes payée en actions, elle représente quand même 21 milliards de dollars, soit quasiment 10 fois son chiffre d’affaires… "Il est de notre devoir de surveiller ces mouvements. Pour que STMicroelectronics réalise une acquisition majeure, il faudrait qu’elle corresponde à nos objectifs, qu’elle nous permette d’aller bien au-delà des 12 milliards dollars en 2022 et qu’elle soit ‘accretive’ en termes économiques. Mais une telle opération n’est pas dans le radar aujourd’hui", précise Jean-Marc Chéry.

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