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Entreprises / Actions / Taïwan / Carrefour / Asie / Alexandre Bompart

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Taïwan / Carrefour / Asie / Alexandre Bompart

Carrefour solde sa retraite asiatique

Carrefour s’apprête à parachever en 2023 son désengagement des marchés asiatiques avec la cession annoncée de ses activités à Taïwan. Le milliard d’euros récupéré de la vente pourrait servir au groupe à poursuivre ses importants rachats d’actions.
Carrefour Market à Taipei, la capitale de Taïwan - Credit Image: © Walid Berrazeg/SOPA Images via ZUMA Press Wire)
Carrefour Market à Taipei, la capitale de Taïwan - Credit Image: © Walid Berrazeg/SOPA Images via ZUMA Press Wire)

L’aventure s’achève en Asie pour Carrefour qui avait pourtant été l’une des premières enseignes étrangères à s’y implanter dans les années 1990. Parti de Thaïlande dès 2010, de Singapour, de Malaisie et d’Indonésie en 2012, et retiré du marché chinois en 2019, le géant français de la grande distribution tire maintenant un trait sur Taïwan.

Le groupe dirigé par Alexandre Bompard a signé un accord de cession portant sur sa participation de 60% dans sa filiale locale, a-t-il annoncé mercredi.

La nouvelle ne constitue pas à proprement parler une surprise. Cela faisait environ un an que le marché spéculait sur cette sortie du premier distributeur alimentaire de "l’île rénégate", située au sud-est de la Chine continentale. Et si plusieurs acquéreurs potentiels ont eu le temps d’être approchés, parmi lesquels des sociétés de capital-investissement, c’est finalement le conglomérat Uni-President, son partenaire et coactionnaire de longue date, avec lequel Carrefour a noué une relation de confiance dès l’origine, qui reprendra les parts, à un prix plutôt plus élevé qu’anticipé.

C’est ici que se situe la bonne nouvelle. Carrefour Taïwan n’a absolument pas été bradé. La transaction repose sur une valeur d’entreprise de 2 milliards d’euros, quand la filiale cédée a généré l’an dernier un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros et un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 243 millions d’euros. Ces 2 milliards représentent ainsi 0,8 fois les ventes et 8,2 fois l’Ebitda, soit "deux multiples attrayants par rapport à la propre valorisation de Carrefour, plus modeste", avec une valeur d’entreprise qui représente 30% des ventes et 5,1 fois l’Ebitda, note UBS. "Le prix de cette vente est plus élevé que celui initialement prévu", remarquent de leur côté les analystes de Jefferies.

 

Afflux de cash

 

En se basant sur l’ajustement entre la valeur d’entreprise et la valeur des fonds propres au 31 décembre 2021, Carrefour a précisé que la transaction valoriserait 100% des fonds propres de Carrefour Taïwan à 1,6 milliard d’euros. La cession de 60% des titres de Carrefour Taïwan atteindrait ainsi environ 1 milliard d’euros.

Un afflux de cash dont la future utilisation alimente les hypothèses. La finalisation de l’opération à la mi-2023 "devrait fournir la puissance de feu nécessaire à un nouveau rachat d'actions important", estime Jefferies. Carrefour avait annoncé début 2022, lors de ses résultats annuels 2021, un programme de 750 millions d’euros, dont 400 millions d’euros avait déjà été réalisés en avril.

Le désendettement est "une option également", note Oddo BHF. Non pas que Carrefour soit très endetté, mais "la hausse des taux et le fait que Carrefour ait un échéancier d’environ 1 milliard d’euros par an sur 2022/2023 pourrait encourager le groupe à ne pas mobiliser son cash", explique le courtier.

Il semble peu probable en revanche que le groupe se lance dans une opération de croissance externe d’envergure, Carrefour privilégiant une politique d’acquisitions ciblées sur ses marchés cibles que sont la France, le Brésil et l’Espagne, et dont ne faisait plus partie Taïwan.

On peut d’ailleurs déplorer le départ de ce pays à potentiel alors que les géographies où Carrefour dispose d’une position de leader ne sont pas pléthores. Créé en 1987 par une joint-venture 60%-40% entre Carrefour et Uni-President, Carrefour Taïwan exploite aujourd'hui sur l’île 340 magasins et 129 galeries marchandes.

Pour autant, la filiale ne représentait que 3% du chiffre d’affaires de l’ensemble du groupe. Surtout, la cession se justifie "ne serait-ce que par la géo politique actuelle qui incite à éviter une situation qui pourrait rapidement devenir compliquée sinon explosive", remarque Invest Securities.

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