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Taïwan ; Chine ; Approvisionnement ; Semi-conducteurs ; Energie ; Puces électroniques ; Direction des achats

Macro-économie / Taux / Taïwan / Chine / semi-conducteurs / énergie

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Taïwan / Chine / semi-conducteurs / énergie

Comment certaines entreprises françaises se préparent à une invasion de Taïwan / Les tensions croissantes avec la Chine inquiètent

Particulièrement échaudées par le conflit en Ukraine et ses conséquences désastreuses sur l’économie, une étude révèle qu’un peu plus d’un quart des entreprises françaises « ont élaboré un plan d’achats spécifique » en cas d’invasion de Taïwan par la Chine.
Tsai Ing-wen, présidente de Taïwan (Daniel Ceng Shou-Yi/ZUMA Press)
Tsai Ing-wen, présidente de Taïwan (Daniel Ceng Shou-Yi/ZUMA Press)

Mouvement des gilets jaunes, pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine… autant de crises peu ou mal anticipées par les entreprises françaises ces dernières années. Les firmes ont vraisemblablement compris la leçon et semblent prendre pleinement la mesure des évènements de Mer de Chine. Face aux tensions croissantes entre Taïwan et la Chine – et les incursions répétées de cette dernière dans l’espace aérien de l’archipel – "26% des directions des achats des entreprises ont élaboré un plan d’achats spécifique" en cas d’éclatement d’un conflit armé, révèle une étude conduite par le cabinet AgileBuyer et le Conseil national des achats. "Longtemps, les entreprises n'ont pas anticipé le risque […] il y a donc maintenant un travail beaucoup plus important sur la gestion des risques", a affirmé Olivier Wajnzstok, directeur d'AgileBuyer.

 

La guerre des puces

 

Même s’il n’est pas toujours aisé pour les entreprises de changer de fournisseur et de diversifier leurs approvisionnements, notamment dans le cas de certaines puces électroniques où Taïwan détient une part écrasante (60%) de la production mondiale, les firmes n’ont guère d’autres choix que de chercher des solutions de remplacement. Dans ce contexte, 31% des directions des achats estiment que la sécurisation de leurs approvisionnement seront des préoccupations plus importantes qu’en 2022. "Les conséquences de la guerre en Ukraine, c'est juste un petit apéro par rapport aux conséquences s'il y a une invasion de Taïwan", prévient Olivier Wajnzstok.

Logiquement, ce sont les secteurs de la mécanique, de l’aéronautique et de la défense, de l’automobile ou encore de l’informatique et des télécoms qui seraient potentiellement les plus exposés au risque d’invasion et qui, par conséquent, préparent le plus souvent des plans d’action d’achats spécifiques.

Pékin s’intéresse également de près à l’industrie stratégique des semi-conducteurs. En août dernier, Mark Liu, le PDG de TSMC, leader mondial du secteur, exposait sa crainte d’une invasion par la Chine. "Personne ne peut contrôler TSMC par la force. En cas d’usage de la force militaire ou d’invasion, alors vous rendriez les installations de TSMC inopérantes", avait-t-il déclaré.

 

Le risque énergétique perdure

 

Outre le risque Taïwan, la guerre en Ukraine et ses conséquences sur l’approvisionnement énergétique et la flambée des prix du gaz et de l’électricité deviennent un axe de préoccupation majeur pour les entreprises en 2023. L’étude indique tout de même que 68% des directions des achats sont couvertes à 50% et plus sur l’énergie pour cette année. "Les acheteurs ont su encore une fois, pour la plupart, opérer une transformation radicale dans un délai record [...]. Signe d’une très grande capacité à s’adapter", se félicite Pascal Pelon, directeur des achats chez Axa France. Mais pour les 18% étant couverts à 20% ou moins, les risques encourus pour 2023 demeurent très importants. "Ils jouent même leur vie", souligne l’étude.

D'une manière générale, les fournisseurs sont désormais souvent en position de force pour renégocier leurs tarifs. 87% des entreprises interrogées se disent forcées de renégocier en raison de l'inflation et plus de quatre directions des achats sur cinq estiment que certains fournisseurs profitent d'une aubaine et pratiquent une "inflation opportuniste", 15% jugeant même que ce comportement de "profiteur" est majoritaire.

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