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Amundi : le redressement n’est pas confiné
Il existe des moments plus simples à vivre pour un groupe de gestion d’actifs qu’une crise qui mine la confiance des investisseurs. En témoigne la forte sortie de capitaux durant les premiers mois de l’année, qui avait abouti à un montant d’encours sous gestion de 1 527 milliards d’euros à fin mars, certes en hausse de 3,5 % sur un an, mais diminuant de 7,6 % par rapport à la fin de l’année 2019. La décollecte nette en Institutionnels et Corporates avait même atteint 15,4 milliards d’euros, "liée à des sorties en produits de trésorerie et au derisking des clients", nourrissant une décollecte globale de 3,2 milliards d’euros. La dynamique positive était ensuite revenue au deuxième trimestre (+4 % des encours sous gestion par rapport au T1, une collecte quasi stable à -0,8 milliard).
Les chiffres du troisième trimestre viennent confirmer cette dynamique : les encours sous gestion ont augmenté de 4,4 % par rapport à juin 2020 et 6,4 % sur un an, pour s’établir à 1 662 milliards d’euros. Surtout, la collecte a augmenté de 34,7 milliards d’euros, retrouvant un territoire positif.
Mais, au-delà des chiffres d’activité, ce sont les résultats qui rassurent. Certes, les revenus nets, de 630 millions d’euros, sont en baisse de 4,1 % par rapport au troisième trimestre 2019. Ils augmentent toutefois en comparaison au trimestre précédent de 0,8 %. Surtout, le résultat net ajusté croît de 1 % par rapport au T2 et de 2,3 % sur un an pour s’établir à 235 millions d’euros. Tout cela alors que le coefficient d’exploitation (qui mesure les gains réalisés par rapport aux coûts fixes) reste stable à 51,2 %. Comment expliquer ces données ? Le gestionnaire d’actifs explique que "l’incidence de la baisse des marchés sur les revenus a été compensée par la réduction des charges d’exploitation, ce qui a permis de conserver un coefficient d’exploitation bas et une profitabilité élevée". Les charges d’exploitation baissent en effet de 323 millions d’euros sur un an "grâce à la poursuite des efforts d’efficacité, à de moindres dépenses de voyages et marketing, en raison du contexte de crise, et à l’ajustement des rémunérations variables ". Finalement, sur neuf mois, le résultat net ajusté atteint 674 millions d’euros (-8,3 % sur un an), mais est quasi stable si l'on exclut le résultat financier.
Le groupe regarde désormais vers le futur, notamment l’Asie, qui constitue pour Yves Perrier, le directeur général d’Amundi, "un axe majeur de la stratégie de développement d’Amundi". Notant notamment qu’ "en 5 ans, les encours ont triplé pour atteindre plus de 300 milliards d’euros". Et l’ambition est d’atteindre les 500 milliards d’ici 2025. Pour cela, le groupe a donné fin septembre le coup d’envoi de sa société commune avec BOC Wealth Management, la filiale de Bank of China, dont il détient 55 %. Annoncée il y a maintenant presque un an, cette joint-venture doit proposer des produits ouverts ou à échéance investis dans des actifs liquides en renminbi avec peu de risques. C’est surtout la première fois qu’une entreprise à capitaux étrangers majoritaires va pouvoir proposer de produits de gestion de fortune, assurément un coup stratégique significatif pour le développement du groupe dans ce marché qui attise les convoitises. Les premiers produits devraient être lancés au cours de ce quatrième trimestre. "La filiale, qui devrait atteindre l’équilibre financier dès la fin de l’année 2021, vise 60 Md€ d’encours et plus de 50 M€ de résultat net à l’horizon 2025", précise le groupe. Le marché jettera sans aucun doute un coup d’œil intéressé lors des résultats annuels 2020 le 10 février 2021.
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