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Deutsche Bank : mieux vaut -très- tard que jamais

La banque allemande a enfin annoncé la restructuration anticipée par tous : 18.000 emplois et le départ de trois dirigeants clés, pour un coût de 7,4 milliards d’euros. Elle paie les décisions difficiles qu’elle n’a pas pris pendant la crise, et pourrait devenir une cible en Europe.
Deutsche Bank
Deutsche Bank

L’annonce avait beau être attendue depuis plusieurs semaines, le couperet n’en reste pas moins sanglant. Dimanche à l’issue de son conseil de surveillance, Deutsche Bank a annoncé sa restructuration : elle consiste en la suppression de 18.000 emplois dans sa banque d’investissement d’ici à 2022, soit près de 20 % de ses effectifs et un quart de ses coûts. Le groupe dirigé par Christian Sewig a présenté une réduction drastique de ses activités de marché et de sa présence à Londres et New York, et crée une nouvelle branche pour se recentrer sur ses services aux entreprises européennes, ainsi que dans le retail. Enfin, elle met comme prévu en place une "bad bank" où seront placés 74 milliards d’euros d’actifs à risque - soit plus qu’anticipé par le marché.

Ce grand chantier a un coût non négligeable : 7,4 milliards d’euros et une perte de 2,8 milliards d’euros anticipée pour le deuxième trimestre, ce qui compromet les distributions aux actionnaires pour cette année et 2020. Pour compenser, les dirigeants ont tout de même essayé de présenter le verre à moitié plein, en promettant 5 milliards d’euros de rendement dès 2022, sous cette nouvelle configuration.

Logiquement, les têtes ont aussi valsé à l’occasion de cette restructuration. Première victime, identifiée dès vendredi : Garth Richie, le sud-africain qui est dans le groupe depuis 1996 et en dirige la banque d’investissement, quittera Deutsche Bank à la fin du mois. Par ailleurs, Frank Strauss, patron de la banque privée et commerciale, va lui aussi se retirer, étant opposé au projet de restructuration. Enfin, Sylvie Mathérat, ancienne de la Banque de France et chargée de la régulation au sein de la banque allemande, a elle aussi été remerciée, en raison des nombreuses amendes dont a écopé cette dernière sur ses activités passées.

Si elle était anticipée depuis l’échec de sa fusion envisagée avec Commerzbank, cette annonce de Deutsche Bank risque de ne pas être du goût du marché. La banque allemande, qui s’est rêvée en concurrente directe des mastodontes américains de Wall Street lorsqu’elle s’est installée outre-Atlantique au début des années 2000, paie le prix direct de son paralysie. Au contraire des anglo-saxons, elle s'est refusée à amputer sa propre jambe dès le lendemain de la crise financière. 

Le titre, qui a déjà atteint un plus bas historique ces derniers temps et a été divisé par deux depuis début 2018 - une déconfiture comparable à celle de la Société Générale -, devrait une fois de plus plonger. Ce qui en fera une cible de plus en plus alléchante pour des activistes - Cerbrerus et Hudson se sont déjà attaquées au dossier - mais aussi pour ses pairs européens, dans un autre scénario de fusion. Ce qu’a envisagé l’influent Mohamed El-Erian, le chef économiste d’Allianz, dans un tweet. Pour l’instant, le gagnant de cette affaire n’est autre que BNP Paribas, qui est en discussions pour racheter les activités de négoce actions de Deutsche Bank avec les hedge funds, mais aussi des technologies de trading et les banquiers associés.

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