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Natixis profite de ses nouvelles activités bancaires
De prime abord, les résultats trimestriels de Natixis semblent excellents, mais ils sont en réalité portés par des éléments exceptionnels. Hier après-Bourse, la filiale de BPCE a ainsi publié un résultat net en hausse de 194 % sur un an, à 764 millions d’euros. Mais cela est dû pour 586 millions d’euros à la plus-value nette d’impôts de ses activités de banque de détail, sans laquelle le profit aurait sinon reculé de 31 % sur cette période. Car comme la grande majorité de ses pairs – hormis BNP Paribas -, Natixis a souffert de la correction des marchés au premier trimestre. Un contexte qualifié de "difficile pour les activités de marchés, en particulier lors des deux premiers mois de l'année", selon les mots du directeur général, François Riahi.
Le produit net bancaire, quasiment stable sur les trois premiers mois de l’année (-3 %), cache une performance contrastée, où les paiements (+11 %) et l’assurance (+7 %) ont compensé les déconvenues de la gestion d’actifs et de fortune (-7 %) et de la banque de grande clientèle (-17 %). Dans cette dernière, les activités de marché n’ont pas échappé au marasme des bourses mondiales en début d’année : les revenus du fixed income ont reculé de 34 %, ce qui est comparable aux chiffres publiés par les grands mastodontes américains, et ceux des actions de 13 % sur un an.
Comme nombre de ses pairs, Natixis a pu faire contre mauvaise fortune bon cœur grâce à la diversification de son modèle. Dans la banque de grande clientèle, le dynamisme de l’investment banking et surtout du M&A, qui enregistre une croissance à deux chiffres, et si les revenus restent dans le rouge, elles ont permis de sauver la mise et de générer un ROE de 10 %. Une très bonne performance comparée aux autres grandes banques françaises. Natixis a d’ailleurs voulu montrer sa volonté de se renforcer dans les M&A via son modèle multiboutiques, et a annoncé l’acquisition d’une boutique en Australie, Azure Capital, spécialisée dans les infrastructures et les matières premières, deux segments jugés stratégiques pour la firme.
L’assurance est une autre jambe solide pour Natixis, et le timing était donc très bien trouvé pour annoncer le renouvellement de son partenariat avec Covea et sa maison mère BPCE. Cela signifie qu’à partir du 1er janvier 2020, Natixis Assurances reprendra les activités nouvelles d’assurance non-vie des clients particuliers des réseaux Banques Populaires en complément de ceux des Caisses d’Épargne.
Au final, Natixis peut certes se targuer d’avoir dégagé un ratio Core Tier One Bâle 3 à 11,3 % soit déjà supérieur à son objectif 2020 selon le plan New Dimension. Mais ce qui est important, c'est la manière dont Laurent Mignon et François Riahi tentent de limiter le poids des activités de Banque de financement et d'investissement au profit de l'asset management et des nouveaux services financiers, parmi lesquels figurent l'assurance. Activités dont les revenus sont plus stables.
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