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Fusions, Acquisitions / Presse

Fusions, Acquisitions
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Lorsque la Silicon Valley prend en main les médias US

Le fondateur de Salesforce Marc Benioff va racheter le magazine Time pour 190 millions de dollars, aux dépens d’un proche de Trump. Après Jeff Bezos, il devient ainsi le dernier entrepreneur à s’emparer d’un groupe de presse, dans un pays où les « fake news » sont violemment attaquées par le Président.
Marc Benioff, CEO de Salesforce
Marc Benioff, CEO de Salesforce

Une page se tourne pour l’iconique magazine Time. Ce dernier était une filiale du groupe Time Inc, qui compte plus de 22 titres dont Fortune, Money, Entertainment Weekly ou encore People, et appartenait à Time Warner, jusqu’à sa vente au groupe de médias américain Meredith pour 2,8 milliards de dollars en début d’année. Le nouvel actionnaire, qui est davantage axé sur les titres d’intérieur et de lifestyle, avait annoncé sa volonté de se séparer de cette publication phare, née en 1922. C’est désormais chose faite : le magazine va être vendu au milliardaire Marc Benioff, fondateur et CEO de Salesforce, et à sa femme pour 190 millions de dollars.

Le prix est particulièrement bas pour un ancien fleuron médiatique américain, qui reste rentable mais a perdu beaucoup de terrain avec la montée d’Internet et a vu partir un quart de ses abonnés l’an passé. L’actionnaire a d’ailleurs préféré baisser le prix plutôt que d’accepter une offre à 325 millions de dollars de David Pecker, le CEO d’American Media ‘The National Enquirer) et proche de Donald Trump, qui aurait menacé l’indépendance éditoriale du titre.

Il s’agit en tout cas de la dernière acquisition d’un média de référence par un entrepreneur tech puisque Jeff Bezos, le gourou d’Amazon, avait mis la main sur le Washington Post en 2013. Plus récemment, c’est Laurene Powell-Jobs, la veuve de Steve Jobs, qui a pris une part majoritaire dans The Atlantic, ou encore le docteur et milliardaire Patrick Soon-Shiong, qui a racheté le groupe propriétaire du Los Angeles Time à l’été dernier pour 500 millions de dollars.

Cette opération est importante dans le secteur des médias dans la mesure où à l’instar de Jeff Bezos au Washington Post, l’arrivée d’un expert de la tech pourrait être bienvenue pour un magazine papier qui a pour l’instant raté le virage du numérique. Surtout, la vente a une portée politique à un moment où les médias libéraux sont régulièrement attaqués pour être des "fake news" par Donald Trump. Marc Benioff a indiqué être "honoré d’être le coordinateur de cette marque iconique" et affirmé qu’il ne comptait pas s’immiscer dans la ligne éditoriale.

Reste que Marc Benioff est un fantasque entrepreneur qui avait fait son stage chez Apple et a ensuite fait ses armes chez Oracle aux côtés de Larry Ellison avant de fonder Salesforce en 1999, A 53 ans, sa fortune est aujourd’hui estimée à 6 milliards de dollars et s’il ne se définit comme ni démocrate ni républicain, il avait soutenu Hillary Clinton lors de la dernière campagne électorale et fait partie des élites libérales de la Silicon Valley. A ce titre, il sera intéressant de voir si, comme le Washington Post, le média prend un tournant plus activiste, qui cherche à être un contre-poids et donner sa version de la réalité politique, ou garde un rôle plus passif. Pour rappel, le magazine avait fait grand bruit lorsqu’il avait nommé Donald Trump sa "personnalité de l’année" en 2016.

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