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Warren Buffett / Berkshire Hathaway / Presse
Warren Buffett renonce à la presse
"Les informations sont ce que les gens ne savent pas qu’ils veulent savoir", écrivait Warren Buffett dans sa lettre aux actionnaires de 2013, expliquant pourquoi il avait racheté 28 journaux pour un total de 344 millions de dollars dans les 15 derniers mois. Adepte de journaux, le célèbre milliardaire a pourtant dû se faire une raison, et prendre sa perte : mercredi, Berkshire Hathaway a annoncé qu’il allait vendre sa division de journaux, 31 titres essentiellement locaux, à l’éditeur Lee Enterprises pour 140 millions de dollars. L’éditeur avait déjà été mandaté par pour gérer ces journaux à l’été 2018 et l’oracle d’Omaha a déclaré mercredi : "nous n’avions aucun intérêt à vendre l’activité à quelqu’un d’autre pour une simple raison : nous pensons que Lee est le mieux placé pour gérer les challenges de l’industrie."
Cette vente est un cas rarissime pour Warren Buffett, qui se plaisait toujours à indiquer qu’il ne souhaitait pas revendre ses actifs. "Quel que soit le prix, nous n’avons pas du tout d’intérêt à vendre les bonnes activités que Berkshire détient. Nous sommes aussi très réticents à vendre des actifs sous-performants tant que nous en attendons au moins du cash et tant que nous sommes contents des managers et des relations de travail", écrivait-il dans son manuel d’investisseur. Seule exception à la règle : l’an passé, Berkshire Hathaway a vendu Applied Underwriters, une activité d’assurance de rémunération pour les salariés en raison des conflits d’intérêt avec d’autres participations du groupe.
Pour le célèbre milliardaire, qui a livré des journaux dans sa jeunesse et organisait des lancers de journaux lors de l’assemblée générale de Berkshire Hathaway, cette cession est sans aucun doute une déception. Jusqu’à présent, l’homme, certes conscient des défis auxquels la presse est confrontée aujourd’hui, défendait encore la presse locale. "Si vous voulez savoir ce qui se passe dans votre ville – que l’information soit à propos du maire, des impôts ou du football du lycée - il n’y a pas d’alternative à un journal local. Les yeux d’un lecteur peuvent se fermer après quelques paragraphes sur les tarifs canadiens ou les développements politiques au Pakistan ; une histoire sur le lecteur ou ses voisins sera lue jusqu’au bout", écrivait-il en 2013. Et de conclure : "Qu’il y ait ou non un sens aigu de la communauté, un journal qui sert les besoins d’information de cette communauté sera indispensable pour une grande partie de ses résidents".
Mais l’an dernier, il était beaucoup plus sombre sur l’avenir de la presse écrite. "Ils vont disparaître", disait-il des journaux. Et expliquait que ces derniers ont vécu grâce à la force de la publicité ou encore des annonces d’emplois ou d’appartement, mais que tout cela était terminé en raison de l’essor d’Internet. Mais a exclu quelques grands noms comme le New York Times, le Washington Post ou encore le Wall Street Journal.
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