WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Warren Buffett ou la sagesse des marchés

L’oracle d’Omaha, qui a fêté ses 88 printemps hier, a donné une interview dans laquelle il affirme que les actions sont « considérablement plus attractives » que les obligations en raison de la croissance économique. Il est toujours aussi enthousiaste sur Apple, et a eu des paroles plus que jamais riches de sens.
Warren Buffett
Warren Buffett

« Vous ne saurez qui nage tout nu que lorsque la marée descendra » ou « dans les affaires, le rétroviseur est toujours plus clair que le pare-brise ». Tels sont deux des fameux dictons prononcés par Warren Buffett, la coqueluche des investisseurs qui a une nouvelle fois montré son sens aigu des marchés. Ce jeudi, à l’occasion de ses 88 printemps et le jour du traditionnel déjeuner vendu aux enchères - pour 3,3 millions de dollars versés à une association -, il a donné une interview sur CNBC. Il y a donné son sentiment sur les marchés, la politique de rachats d’actions ou encore ses titres préférés, dont Apple.

Tout d’abord, alors que les experts en tous genres ne cessent de prédire le grand chaos des marchés US qui ont franchi la plus longue période d’expansion de l’Histoire, l’oracle d’Omaha affiche sa sérénité. « L’activité est bonne à tous les niveaux. Elle était bonne il y a deux ans et ne cesse de s’améliorer », a-t-il indiqué, expliquant qu’il avait investi sous tous les Présidents depuis ses débuts, et avait même acheté des titres le matin même. Et il contredit à nouveau les partisans de la grande rotation des actifs : « A long terme, de nombreuses activités qui rapportent des rendements vont dépasser une obligation qui est fixée à 3%. » Et les actions sont même bien plus avantageuses que dans les dernières décennies en raison des montants de profits « bien plus importants » que les corporates réinjectent, à savoir les dividendes et rachats d’actions.

Sur ce sujet d’ailleurs, Warren Buffett démontre à nouveau sa sagesse en acceptant de changer d’avis. Alors qu’il avait jusqu’à présent établi le seuil de déclenchement des rachats de titres de Berkshire Hathaway lorsque le titre atteint 1,2 fois sa valeur comptable, il est désormais plus souple sur cette politique dès que le titre dépasse la valeur comptable. Ce changement de position a été interprété par certains comme son incapacité à mettre au travail une trésorerie de plus en plus importante, à 120 milliards de dollars. Mais l’oracle d’Omaha a une nouvelle fois précisé que cette décision serait faite sur des critères de valorisation, et non une vision court-termiste : « Ce qui compte est ce que valent les sociétés par rapport aux titres que nous avons, et s’il y a une décote, Charlie (Munger) et moi achèterons, et nous avons acheté », indiquant de petites opérations de rachats de ses propres titres.

Enfin, le milliardaire est plus que jamais enthousiaste sur Apple, même si le titre tutoie ses plus hauts historiques. Il a reconnu avoir encore acheté un peu de titres, expliquant « je ne me focalise pas sur les ventes du prochain trimestre ou de la prochaine année. Je me concentre sur… les centaines, centaines de millions de personnes qui passent pratiquement leurs vies avec leurs iPhones ». Il a aussi renforcé sa position chez Goldman Sachs ou des compagnies aériennes comme Delta et Southwest. En revanche, s’il se refuse à tout commentaire politique, Warren Buffett a reconnu que la guerre commerciale était un sujet de tensions pour les groupes américains, avec des hausses de coûts mais aussi l’accélération sous-jacente de l’inflation. « La situation des tarifs douaniers va l’aggraver significativement », a-t-il prévenu.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article