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Guillaume Hannotin : avocat autonome

Associé depuis ses 31 ans, l’avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation a une corde financière, même s’il a travaillé sur des sujets divers comme l’amiante ou le travail du dimanche. Grand technicien, il associe au droit, l’histoire ou encore l’anthropologie pour porter ses dossiers.
Guillaume Hannotin
Guillaume Hannotin

Son cheminement jusqu’au Conseil d’Etat a permis à Guillaume Hannotin de redécouvrir tout un pan de son histoire familiale. En se penchant de plus près sur ses racines, l’avocat a appris qu’il avait deux ancêtres liés comme lui à l’institution publique. Depuis, il sait par ailleurs qu’un autre Guillaume Hannotin était maître, mais lui cordonnier dans les Ardennes au XVIIIème siècle. Notre interlocuteur a pour sa part grandi à Paris. Celui qui se dit pressé et un professionnel des examens a passé le premier d’entre eux à cinq ans pour intégrer Franklin. Après son bac, il entre à Ginette qui lui ouvre les portes de l’ESCP. En parallèle, il fera des études de droit et des stages en banque d’affaires.

Mais la différence entre Guillaume Hannotin et ses prédécesseurs familiaux du Conseil tient surtout au changement de la société française. Car si le nombre d’avocats au Conseil d’Etat est presque toujours le même (122 en 2018), le nombre de dossiers n'a, lui, cessé de se multiplier. "On achète cher les parts de charge. J’ai pu être associé à 31 ans et ainsi gagner à peu près dix ans par rapport à la moyenne, ce qui me permet d’être aujourd’hui à la fin de l’amortissement de mon emprunt et donc très autonome", souligne Guillaume Hannotin. 

Le chiffre global permet d’estimer qu’en moyenne ses confrères recueillent plus de 400 nouveaux dossiers par an, avec des pointes à 900 pour certains. Pour sa part, Guillaume Hannotin veut s’en tenir à moins. Notre avocat veut se laisser le temps de creuser. D’abord avec les clients : "Je les écoute beaucoup, les interroge, je retourne toutes les pierres du dossier avec eux. C’est le job de base de l’avocat", souligne-t-il. Il est ainsi par exemple allé au contact des victimes de l’amiante. Ensuite, notre interlocuteur "élargit la focale : je cherche à trouver tous les thèmes auxquels se rattachent le sujet. Ça ouvre des perspectives", ajoute Guillaume Hannotin. Ce dernier a ainsi parcouru des livres d’Histoire sur la Russie lorsque l’Etat de Vladimir Poutine a souhaité que lui soit restituée la Cathédrale Saint-Nicolas de Nice. Il s’est aussi intéressé à l’autisme dans un dossier qui avait trait à ce trouble. Guillaume Hannotin a également une culture financière – tout comme sa femme qui travaille sur les produits dérivés actions chez HSBC – qui lui a permis de trouver de nombreuses clefs.

Il faut dire que Guillaume Hannotin a commencé à lire The Economist à 15 ans. Toujours très intéressé par la presse, il consacre à ses lectures personnelles au moins deux heures par jour. En ce moment, c’est l’histoire qui retient surtout son attention. Tout comme l’une de ses deux filles qui, à 8 ans, l’impressionne déjà par ses connaissances en mythologie. Toutefois, au-delà du contexte dont l’importance lui paraît capitale, il y a surtout le droit que Guillaume Hannotin, grand technicien, maîtrise jusqu’au bout des doigts.

Guillaume Hannotin aime être en amont des dossiers, afin que l’éventail de possibilités soit le plus important possible. Car pour lui, il n’y a pas que le Conseil d’Etat qui peut démêler des nœuds, il cite également la Commission européenne, les conseils régionaux etc. Guillaume Hannotin identifie également les sujets qui pourraient aider ses clients. Il évoque notamment une interdiction vis-à-vis de l’agroalimentaire qui est le fruit d’une mauvaise interprétation française du droit européen. Sans elle, l’un de ses clients enregistrerait probablement plus de ventes.

Guillaume Hannotin travaille aussi bien pour les cols blancs que pour des causes, en passant par des dossiers tels que le travail du dimanche chez Bricorama. Celui qui a notamment tenté d’apporter sa pierre en politique, a une fibre écologique. Il œuvre ainsi pour Greenpeace, par exemple. "Cet aspect écologique suscite de la bienveillance chez mes clients en général", note Guillaume Hannotin.

Ce côté éthique, l’avocat essaie également de le promouvoir au sein de son cabinet, afin de ne pas mettre que des chèques sur la table et de retenir les meilleurs talents. Outre les cours d’EPS qu’il propose aux membres de l’équipe deux fois par semaine, il investit également dans l’intelligence artificielle, afin que son métier puisse bénéficier des avantages offerts par le numérique. Car, il ne faut pas en douter, Guillaume Hannotin n’est pas un conservateur et embrasse les changements à venir et/ou souhaités sans hésitation.

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