WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Evenements / bruno lafont / Lafarge

Evenements
bruno lafont / Lafarge

L’affaire Lafarge ou le grand bal des hypocrites

La justice française a procédé au nantissement de comptes abritant une partie des indemnités de départ de Bruno Lafont. Nouvelle étape d’un scandale judiciaire qui vise à faire de l’ancien patron de Lafarge un allié de Daech alors que si la cimenterie syrienne du groupe a continué à fonctionner pendant la guerre, c’était à la demande des services secrets français, des forces spéciales et du Quai d’Orsay.
Bruno Lafont - Lafarge
Bruno Lafont - Lafarge

Nouvelle étape dans le "Koh Lanta" judiciaire que subit l’ancien patron de Lafarge depuis près de deux ans, grâce aux bons soins de l’association Sherpa, financée par le "désintéressé" George Soros et dont l’un des principaux animateurs est l’avocat William Bourdon, qui a défendu pendant de longues années les intérêts de la famille Kadhafi. C’est dire si les plaignants ont bonne réputation.

Malgré tout ils ont obtenu la mise en examen de plusieurs anciens dirigeants du groupe Lafarge devenu LafargeHolcim, celle de l’entreprise elle-même - ce qui est bien plus rare -, et peut-être celle du Groupe Bruxelles-Lambert, principal actionnaire de Lafarge à l’époque des faits, et qui a déjà dû répondre aux questions de la justice française.

De quoi s’agit-il ? Pendant toute la période où les combattant de l’Etat Islamique envahissaient le Nord de la Syrie - dont ils ont été désormais chassés -, une cimenterie syrienne occupée par Daech a continué de fonctionner. Ce qui intrigue les juges. Surtout la justice s’intéresse au fait que pour continuer à produire du ciment (ce qui ne servait à rien dans un pays en guerre où personne ne pouvait l’acheter), Lafarge aurait monnayé cette faveur auprès de Daech. D’où le grief assez rare de "mise en examen pour financement d’une entreprise terroriste".

Bruno Lafont était patron de Lafarge à cette date. Il a mille fois expliqué aux juges qu’il n’était au courant de rien, s’agissant de cette cimenterie. Mais il est évidemment coupable d’être responsable. Au cours des derniers mois on a appris que l’affaire était bien plus complexe. La cimenterie en question était dirigée par un ancien militaire, qui communiquait largement avec la DGSE (nos services secrets) avec le Quai d’Orsay et qui, lorsqu’il venait à Paris était reçu à l’Elysée par l’Etat-Major particulier du Président de la République, alors qu’il passait en coup de vent chez Lafarge.

Cela devrait intriguer la justice. D’autant que de sources militaires, c’est devenu un secret de polichinelle que cette cimenterie était soit une planque, soit une base de repli pour les forces spéciales françaises parachutées au-delà des lignes ennemies et qui nécessitaient un minimum de logistique et de ravitaillement. Ce qui explique les contacts avec la DGSE ou le Quai d’Orsay. Il était d’ailleurs, un moment question, que Laurent Fabius alors ministre des Affaires Étrangères soit entendu sur ce dossier. Mais cette audition a fait long feu.

De manière à salir un peu plus l’image de Bruno Lafont, l’association Sherpa, qui n’est pas un parangon de vertu, a même été jusqu’à communiquer à la presse que la justice avait procédé à la saisie des comptes bancaires de Bruno Lafont contenant le montant de son indemnité de départ ainsi que son paquet retraite. Celui-ci s’élève à 20 millions d’euros mais reste virtuel, puisqu’il s’agit de la somme actualisée de la retraite chapeau de l’ex-patron de Lafarge.

Toutes ces erreurs volontaires dans la communication autour du sort réservé à Bruno Lafont comme autour de son rôle sont là pour masquer l’absence de preuve et de faits délictueux de la part de l’ancien cimentier. Voilà pourquoi on assiste à un gigantesque bal des hypocrites avec l’alliance incongrue des services secrets, des forces armées et d’une association "un tiers mondiste-deux tiers mondaine". La ficelle est un peu grosse. Et ceux qui connaissent Bruno Lafont ou ont travaillé avec lui ne peuvent pas douter un instant que cette affaire se terminera en non-lieu.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article