WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / RSE / Mazars

Entreprises / Actions
RSE / Mazars

Sociétés cotées et émissions de CO2 : où en sommes-nous ?

Le sujet de la RSE avance dans la réflexion. Ce sont les conclusions du dernier baromètre Mazars sur la question et d’un “point de vue” publié par BNP Paribas. Bien sûr, des points d’amélioration demeurent.
Central Park - New York - Etats-Unis - vert - verte - écologie - environnement
Central Park - New York - Etats-Unis - vert - verte - écologie - environnement

Depuis deux jours, se tient le Finance Climate Change à Paris. L'occasion pour WanSquare de revenir sur un sujet éminemment sensible, celui du rejet de CO2 des grandes entreprises cotées.

Le Groupe intergouvernemental d’experts sur le changement climatique (GIEC) a publié au début du mois d’octobre, son rapport retentissant sur Les impacts d’un réchauffement climatique global de 1,5°C par rapport à 2°C et les trajectoires d’émissions de gaz à effet de serre à suivre pour limiter le réchauffement à 1,5°C dans le cadre plus général du développement durable et de l’éradication de la pauvreté. Ces conclusions sont intervenues après l’analyse de 6.000 publications scientifiques.

Ce rapport a été publié sur demande de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CNUCC) dans le cadre de l’Accord de Paris et doit servir de base de discussions pour la COP24 qui commencera le 3 décembre prochain à Katowice, en Pologne. Et pour parvenir au dit objectif du GIEC, le groupe recommande une réduction des gaz à effet de serre (GES) de 70 à 80 % d’ici 2050. C’est dans ce large contexte que BNP Paribas a diffusé ce mois-ci “un point de vue” sur les efforts de réduction des émissions des GES par les sociétés cotées.

D’après une enquête publiée par la Revue Climatic Change et relayée par l’étude de la banque de la rue d'Antin, 90 multinationales seraient responsables des deux tiers des émissions de CO2 et de méthane entre 1854 et 2010, faisant d’elles la première source d’émissions de GES. En tête de ce classement, on retrouve les entreprises du secteur du pétrole et du gaz, mais aussi du ciment. Chevron, Exxon Mobil, Total, PetroChina. Paradoxalement, “la raréfaction de l’eau et des matières premières, la hausse du niveau des océans, les catastrophes climatiques et la disparition de la biodiversité menacent directement le modèle économique des entreprises”.

Les entreprises ont progressivement compris le risque que représentait le changement climatique pour la survie de leurs activités autour des années 2000. Et de toute façon, les réglementations qui ont suivi ne leur ont pas laissé le choix. D’abord en 2001, la loi NRE a imposé aux sociétés cotées en Bourse de publier dans leur rapport de gestion des informations relatives à la façon dont elles prenaient en compte les conséquences sociales et environnementales de leur activité. En 2010, la loi Grenelle 2 a élargi la catégorie des sociétés qui y étaient soumises. Depuis l’été 2017, la transposition de la directrice européenne RSE au droit français exige une déclaration de performance extra-financière, encore plus stricte que la NRE. Elle nécessite de confronter désormais leur business model à leur politique RSE.

Et les avancées sont majeures. Mazars a publié la semaine dernière son 8ème baromètre des pratiques et tendances en matière de reporting extra-financier, grâce aux documents de référence des sociétés du CAC 40, du Next 15, du Last 15 et du SBF 120. Il en ressort que la fiabilisation des rapports RSE est toujours croissante : en 2017, 90 % d'entre eux ne font l'objet ni d'observation ni de réserve, contre 79 % il y a 2 ans. Plus de la moitié du panel cite les Objectifs de Développement Durable pour orienter leur action en matière de RSE. “Ces tendances, de rapports, stabilisés, mis en valeur et fiables, donnent une indication quant à la maturité des entreprises”, note Mazars.

Le retour sur investissement des pratiques RSE et de développement durable est encore difficile à chiffrer. Il est par ailleurs très difficile de séparer les émissions dues aux seules entreprises de celles États pris dans leur ensemble. Comme le note BNP Paribas, elles peuvent “déterminer le coût de la transition énergétique, via la fixation d’un prix du carbone interne et anticipent les réglementations pouvant affecter leurs activités comme les normes sur les émissions de CO2 pour les véhicules”. Mais les règles de calcul sont encore propres à chacune des sociétés cotées, qui choisissent elles-mêmes leurs modalités et rendent difficile la mise en perspective globale des efforts consentis.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article