Renault : le comité exécutif de Carlos Ghosn n'est plus
Après les annonces concernant la gouvernance de l'Alliance hier, Renault fait part de changements au niveau opérationnel. Son Comex évolue. Trois de ses huit membres quittent la haute instance. Sont concernés : Bruno Ancelin, Jean-Christophe Kugler et Mouna Sepehri, tous proches de Carlos Ghosn – le patron sortant – mais à des degrés divers.
Mouna Sepehri était la plus liée à l’ancien PDG du groupe automobile. Selon nos informations, celle qui était secrétaire générale et conseillère du président n’est plus membre du comité exécutif et est rétrogradée au poste de conseillère du directeur général, Thierry Bolloré. Cette avocate de formation est entrée dans le groupe, où elle a gravi les échelons, en 1996. Elle a notamment participé aux négociations avec Nissan qui ont donné naissance à l'alliance franco-japonaise, ou encore à la reprise de Dacia. En janvier, Reuters avait rapporté que Mouna Sepehri avait reçu un salaire additionnel à six chiffres par la holding RNBV, qui supervise l’alliance avec Nissan, sans que le conseil en soit informé. Renault a rétorqué que les rémunérations de ce type ne faisaient pas l’objet de publication, conformément au droit.
Bruno Ancelin part, lui, à la retraite. Né en 1957, ce diplômé des Mines est entré chez Renault en 1982, à la direction de la recherche. En 2008, il a intégré le comité de direction de Renault. Et c’est en 2014 qu’il avait été promu directeur produit et programmes du groupe. Il est remplacé par le responsable du produit-planning, Ali Kassai.
Enfin, Jean-Christophe Kugler, directeur des opérations et de la région Europe depuis 2016, quitte également le Comex mais aussi le groupe. Ce Centralien, né en 1951, a également déroulé sa carrière au sein de la marque au losange. Il y est arrivé en 1984. Il faisait partie des candidats au poste de directeur général adjoint, face à Thierry Bolloré. En effet, avant de prendre la suite de Carlos Ghosn - qui a démissionné en prison -, Thierry Bolloré a été nommé l’an dernier numéro 2 du groupe. Et l’inimitié entre le nouveau patron et Jean-Christophe Kugler était un secret de polichinelle.
À compter du 1er avril, sept nouveaux membres font leur entrée au comité exécutif, qui va ainsi passer de 8 à 12 personnes ; et qui met en avant les personnes en charge des grands enjeux de transformation pour le groupe. Il y a donc Ali Kassai, mais aussi Philippe Guérin-Boutaud. Ce dernier conserve ses fonctions de directeur qualité et satisfaction client. Par ailleurs, Véronique Sarlat-Depotte fait son entrée et reste directeur des achats de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et de président-directeur général de l’Alliance Purchasing Organization. Laurens van den Acker fait aussi partie des heureux élus, et continuera d'exercer en tant que directeur du design industriel.
Si Renault a une tradition "d'hommes de la maison", certains nouveaux membres du comité exécutif font partie du sang neuf, arrivé entre 2016 et 2018. C'est le cas de Frédéric Vincent, directeur des systèmes d’information et de la transformation, de François Renard, directeur marketing monde et du DRH François Roger. Lui sont par ailleurs rattachées les directions de la prévention et protection du groupe et de l’immobilier et des services généraux. À noter que Clotilde Delbos, directeur financier groupe, président du conseil d’administration de RCI Banque et déjà membre du Comex, se voit rattacher la direction du contrôle interne.
"Avec cette équipe nouvellement constituée, sur laquelle je vais m’appuyer, et l’ensemble des collaborateurs du Groupe, nous allons relever les défis de la mobilité du futur : électrique, connectée et autonome", a commenté Thierry Bolloré. Le nouveau patron met ainsi sa patte et tourne un peu plus la page de l'ère Carlos Ghosn.
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