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Le laboratoire Boiron est victime d'un traitement insensé
Ce n'est plus un mystère, le remède miracle des antibiotiques se retourne contre nous. À force de recourir à ces médicaments, et pas toujours à bon escient, nos organismes ont créé des bactéries résistantes et dangereuses. D'ici à 2050, l'Organisation mondiale de la santé estime que l'antibiorésistance causera plus de morts que le cancer. Alors, il va falloir développer des alternatives. Sur l'homéopathie, les défenseurs peinent à établir des études solides sur leur efficacité, mais le procédé sain et bon marché fonctionne sur bon nombre de patients. Les Français sont de fait plus d'un million à avoir signé la pétition pour le maintien de son remboursement.
Au mois de mai dernier déjà, la Haute Autorité de la santé avait rendu un avis confidentiel, transmis aux laboratoires Boiron et Lehning. Et la commission de la transparence de la HAS aurait adopté mercredi un avis recommandant le déboursement de l'homéopathie, officiellement pour manque de preuve d'efficacité. Officieusement, cette actualité arrive en même temps que la publication du rapport annuel publié par l'Assurance maladie sur sa construction du budget de la Sécurité sociale pour 2020. Les économies envisagées avoisinent les 2 milliards d'euros et les produits de santé sont le premier poste de réductions avec 887 millions d'euros.
Mais c'est là toute l'ironie. D'abord, en se désengageant du remboursement de l'homéopathie, l'État ne récupérerait qu'une centaine de millions d'euros. Mais surtout, les patients transféreront leurs demandes vers des médicaments plus nocifs et plus coûteux pour la collectivité. Car le prix moyen des médicaments homéopathiques remboursables est de 2,70 euros, alors que le prix moyen des autres médicaments remboursables avoisine les 10 euros, avec des taux de remboursement respectifs de 30 et 65 %. Et côté santé publique, les patients suivis par un médecin homéopathe prennent en moyenne deux fois moins d’antibiotiques.
La décision finale de la ministre de la Santé Agnès Buzin se fait encore attendre - elle a cependant déjà affirmé sur les ondes des radios vouloir suivre l'opinion de la commission - mais pour limiter la casse, le laboratoire Boiron a préféré suspendre la cotation de ses titres. Selon le groupe pharmaceutique familial et indépendant, qui a appris par un article de presse l'avis de la commission, une modification du taux de remboursement des médicaments homéopathiques concerne 60 % de son activité et le déremboursement menace plus de la moitié des 2.500 salariés qu'il emploie en France. Le laboratoire dénonce une violation des règles de cette procédure d'évaluation, qui nuit à l'entreprise bien sûr, à ses actionnaires et à ses salariés aussi.
Finalement, eu égard à l'effet que le projet pourrait avoir sur la consommation d'une pharmacopée plus nocive et aux montants dérisoires des économies qu'il promet, sans compter les méthodes de communication approximatives, néfastes à la "santé" du leader mondial du marché, il y a quand même de quoi se poser des questions.
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