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Les Laboratoires Boiron enclenchent la vitesse supérieure
En un mois, les Français sont plus d'1,2 million à avoir manifesté leur désaccord au sujet du déremboursement de l'homéopathie. C'est ce que la pétition lancée par les Gilets jaunes pour dénoncer la hausse du prix du carburant a obtenu en plus de six mois de temps. C'est dire si le mouvement est fort. Et pourtant, l'exécutif a suivi sa promesse, celle d'adopter l'avis de la Haute Autorité de la santé (HAS) pour la fin du remboursement de l'homéopathie.
Il y a plusieurs détails choquants dans cette affaire. Car au-delà de la mobilisation des citoyens que le gouvernement se refuse à voir, il y a le traitement particulièrement brutal fait aux Laboratoires Boiron, dont les médicaments homéopathiques concernent 60 % de l'activité du groupe. Après avoir appris par un simple article de presse l'avis confidentiel d'une première commission en charge du compte rendu, la société a dû suspendre la cotation de ses titres pour limiter la casse. Le laboratoire a dénoncé à raison une violation des règles de cette procédure d'évaluation, qui nuit à l'entreprise bien sûr, à ses actionnaires et à ses salariés aussi. Le déremboursement de l'homéopathie, qui soit dit en passant ne concerne qu'1 % du budget médicaments de l'Assurance-maladie, menace plus de la moitié des 2.500 employés que les Laboratoires Boiron emploient en France. Et les membres de la HAS ont commencé leur travail avant même d'avoir un décret officiel leur permettant de le faire.
Que l'efficacité de l'homéopathie soit remise en cause par la science est une chose. Mais que l'on se refuse à entendre l'avis des Français - qui sont plus des trois quarts à avoir déjà utilisé ces granules - en est une autre. D'autant plus quand on sait le montant risible que le remboursement global de l'homéopathie signifie dans le budget général de la Sécurité sociale. Plus encore, plus d'un millier d'emplois sont menacés pour un groupe qui n'a pas été prévenu en interne. Et c'est donc tout naturellement que les Laboratoires Boiron menacent de contester la validité de la décision à la plus haute juridiction française pour la justice civile. La directrice générale de Boiron Valérie Lorentz-Poinsot a été claire ce matin, elle portera l'affaire devant le Conseil d'État pour excès de pouvoir, si l'exécutif continue de faire la sourde oreille.
Le numéro un mondial du secteur ne compte donc pas en rester là. D'autant plus qu'Emmanuel Macron avait fait marche arrière pour la taxe sur le carburant, au pied du mur face à la mobilisation des Gilets jaunes. Mais aussi sur le glyphosate. Avant que la colère ne dégénère, tant la ministre de la Santé que le Président de la République, feraient bien d'écouter les Français, dont la majorité croit en cette médecine alternative.
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