Macro-économie / Taux / Banque centrale chinoise / Politique monétaire
Macro-économie / Taux
Banque centrale chinoise / Politique monétaire
La Chine desserre encore l'étreinte monétaire
La Banque centrale chinoise commence l'année en annonçant une nouvelle baisse du taux de réserves obligatoires imposé aux banques. L'institution de Pékin va baisser, à compter du 6 janvier, le ratio des réserves obligatoires de 50 points de base, a-t-elle expliqué, réduisant ainsi le montant de liquidités que les banques sont tenues de détenir. Après l'entrée en vigueur de la réduction, le ratio des réserves obligatoires pour la plupart des grandes banques passera de 13% à 12,5%, tandis que le ratio pour les petits prêteurs passera de 11% à 10,5%. Les banques disposeront, grâce à cette mesure, de davantage de fonds à prêter aux entreprises et ainsi relancer l'économie. Concrètement, selon la Banque centrale chinoise, cette réduction permettra de dégager un financement à long terme de plus de 800 milliards de yuans - 114 milliards de dollars -, dont 120 milliards de yuans - 17 milliards de dollars - proviendront des banques commerciales des villes et des banques commerciales rurales, qui desservent les petites et moyennes entreprises.
La Banque centrale chinoise avait déjà réduit ce taux à trois reprises au cours de l'année 2019. Aussi, cette nouvelle baisse sera-t-elle suffisante ? Selon, Iris Pang, économiste spécialiste de la Chine chez ING, rien n'est moins sûr car, "dans le contexte d'une guerre commerciale (même si un accord de phase 1 est signé) et d'une guerre technologique émergente, les entreprises chinoises ont besoin d'un soutien financier plus important. C'est pourquoi nous croyons que la Banque centrale chinoise pourrait réduire le taux de réserves obligatoires de 50 points de base encore une fois au deuxième trimestre de l'année 2020".
Dans le même temps, les performances de l'activité manufacturière en Chine en décembre viennent d'être publiées et elles poursuivent leur ralentissement. Leur rythme de croissance est le plus faible depuis quatre mois, sur fond de guerre commerciale avec les États-Unis. L'indice des directeurs d'achat (PMI) pour le secteur manufacturier, calculé par le cabinet IHS Markit pour le groupe de médias Caixin, s'est établi à 51,5 le mois dernier contre 51,8 en novembre. Cet indice, fondé sur un sondage auprès des entreprises, dresse un tableau plus sombre de l'activité manufacturière en Chine que l'indice officiel publié mardi par le gouvernement. Ce dernier faisait état d'un rythme de progression inchangé en décembre par rapport au mois précédent - à 50,2.
"En décembre, la santé du secteur manufacturier a continué à s'améliorer" en dépit d'une stagnation du nombre d'employés et de nouvelles commandes au plus bas depuis trois mois, a commenté Caixin. Cependant, dans un contexte de guerre commerciale avec les États-Unis, "la demande intérieure a crû mais à un rythme moins rapide qu'en octobre et novembre tandis que les exportations chinoises ont augmenté faiblement", a relevé Zhong Zhengsheng, analyste de CEBM, un cabinet affilié à Caixin. Plus globalement, si l'Empire du Milieu a connu un ralentissement significatif de sa croissance en 2019 puisqu'elle a atteint un plus bas depuis près de trente ans, elle devrait néanmoins - selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international et de l'OCDE - se maintenir au dessus du seuil symbolique de 6% en 2019 - 6,1% selon le FMI et 6,2% selon l'OCDE. En revanche, les deux institutions prévoient que la croissance chinoise sera inférieure à 6% pour l'année 2020 - 5,8% selon le FMI et 5,7% selon l'OCDE.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

