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Rothschild & Co en pointe pour les questions de conseil en financement

Sur les marchés / Rothschild & Co / Vincent Danjoux / Arnaud Joubert

Sur les marchés
Rothschild & Co / Vincent Danjoux / Arnaud Joubert

exclusif Rothschild & Co en pointe pour les questions de conseil en financement

EXCLUSIF. Vincent Danjoux et Arnaud Joubert, les deux associés-gérants chargés des opérations de financement et de restructuration, au sein de la banque dirigée par Alexandre de Rothschild, sont sur tous les fronts en raison de la crise économique, qui se traduit pour beaucoup d’entreprises par des problèmes de liquidité.
Rothschild & co
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Dans le dernier communiqué de Rothschild & Co faisant part au marché des résultats du premier trimestre, la banque indiquait : "À l’heure actuelle, nos équipes de banquiers expérimentés travaillent étroitement avec de nombreux clients pour les aider sur leurs questions de liquidité et de financement. Tous nos banquiers d’affaires à travers le monde se concentrent pour maintenir un dialogue permanent avec les clients existants et à venir afin d’offrir nos conseils pour les accompagner durant cette période difficile."

Avec Lazard, Rothschild & Co est la principale banque à bénéficier d’une expertise forte en matière de restructuration financière et d’une équipe importante avec 30 banquiers conseil à Paris et 40 autres à Londres. À Paris ce sont Vincent Danjoux et Arnaud Joubert qui dirigent cette activité. Et plutôt que de parler de "restructuring" ou de "restructuration financière", ils préfèrent le terme de conseil en financement. Ce qui passe par le fait de concevoir des montages financiers pour accompagner des acquisitions en liaison avec les banquiers chargés du M & A. Mais aussi par du conseil en financement bancaire traditionnel ou en renégociation de la dette, voire en financement par émission d’obligations high yield. Et enfin ils doivent accompagner les entreprises clientes de Rothschild dans leurs problèmes de liquidité.

"C’est vrai, reconnaît Vincent Danjoux, que depuis deux mois nous avons vu nos activités traditionnelles de conseil en financement pour des acquisitions ou des refinancements baisser et en parallèle nous avons dû gérer de nombreuses problématiques de liquidité, liées à des questions de besoin en fonds de roulement." Pour répondre à ces enjeux l’équipe que les deux associés-gérants dirigent, à une palette d’outils qui va de la renégociation de covenants, jusqu’à l’émission d’obligations ou la mise place de nouvelles facilités de crédit, et s’il le faut, la constitution de prêts garantis par l’État.

 

Une dizaine de PGE dans les tuyaux

 

Arnaud Joubert précise que "ce qui se passe depuis deux mois n’est pas très différent des problématiques que nous avons eu à gérer en 2000-2001 après l’éclatement de la bulle internet ou après la grande crise financière de 2008 et l’effondrement de la banque Lehman, même si les outils évoluent". Avec notamment cette fois-ci ce nouvel instrument, les Prêts Garantis par l’État, dont les deux banquiers saluent l’efficacité. "Bien sûr ces avances de trésorerie remboursables dans un an ou transformables en prêts amortissables ne sont pas là pour soigner les symptômes d’une maladie liés à la crise sanitaire, explique Vincent Danjoux, mais ils apportent du temps nécessaire pour permettre d’entamer les premiers soins".

L’activité de conseil en financement de Rothschild a conseillé 4 entreprises de plus de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires ou de plus de 5 000 salariés afin d’obtenir ces fameux prêts dont la garantie de l’état est accordée par un décret ministériel. Parmi elles figurent Fnac-Darty, Europcar et CMA-CGM. La banque avoue travailler sur une dizaine de PGE supplémentaires. Comme c’est le cas chez sa principale concurrente, Lazard, ses principaux clients en besoin de liquidité figurent dans le secteur de la distribution, notamment textile, dans l’aéronautique, le tourisme ainsi que dans l’agroalimentaire.

Mais en dépit de la crise actuelle, elle poursuit ses opérations dans le high-yield. Par exemple Rothschild & Co ont conseillé ISquared pour financer sa JV avec Rubis Terminal afin d’obtenir un crédit relais d’acquisition de 410 millions d'euros et son refinancement ultérieur via une émission de 410 millions d'euros – l’une des rares émissions high yield en Europe depuis le début de la crise des coronavirus. L'opération comprenait également une facilité de crédit renouvelable de 75 millions d'euros. Les obligations portent intérêt à un taux annuel égal à 5,625 % avec une échéance en mai 2025. Dans cette opération Rothschild était le conseil alors que JP Morgan, Crédit Agricole CIB et Société Générale ont agi en qualité de teneurs de livres conjoints pour l'émission obligataire.

De la même manière la banque travaille actuellement sur un dossier qui pourrait déboucher sur une vaste émission d’obligations convertibles. Bien sûr dans certains cas les deux banquiers doivent convaincre leurs clients de se placer sous la protection de la justice commerciale. Mais pour eux "il ne s’agit pas d’une sanction. Plutôt d’un moyen pour travailler sur un nouveau schéma permettant la poursuite de l’activité et la restructuration du bilan ou simplement pour mettre en œuvre un accord consensuel avec les créanciers".

Vincent Danjoux et Arnaud Joubert, s’ils sont conscients que la période est propice à leur activité, travaillent avec leurs clients sous la forme traditionnelle de "success-fees", c’est-à-dire de commissions liées au succès des opérations réalisées. Cette activité, qui fonctionne en totale symbiose avec l’activité de fusions & acquisitions, devrait constituer une part plus importante, dans les prochains mois, des revenus de l’activité "Global Advisory" qui est l’activité centrale de Rothschild & Co depuis des années, en France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

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