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Rothschild & Co
Rothschild & Co fait face à un marché du M & A touché par le Covid
Comme toujours chez Rothschild on a la victoire discrète et le discours plein d’humilité. Il n’en reste pas moins que la banque d’affaires contrôlée par David et Éric de Rothschild a connu un premier semestre satisfaisant en termes d’activité. Les revenus globaux de la Maison de l’avenue de Messine ont certes reculé de 7 % à 838 millions d’euros. Mais les revenus du conseil financier, activité principale de la Banque n’ont diminué que de 3 % à 529 millions d’euros dans un contexte pourtant chahuté.
Le marché des fusions et acquisitions qui avait montré des signes de frémissement en début d’année s’est effondré avec la crise sanitaire due au Covid et la crise économique. Mais depuis le mois de juin la banque a été fortement sollicitée tant pour des conseils en matière de M & A que de restructuring. De fait au cours du semestre écoulé elle est restée le numéro un en Europe par le nombre d’opérations qu’elle a aidé à conclure. Et aux États-Unis, qui n’est pas son point fort, à la différence de Lazard, elle a pris la deuxième place sur le marché des restructurations.
Par ailleurs son activité de banque privée, qui agit souvent comme un amortisseur de crise, a enregistré des revenus records de 252 millions d’euros, en hausse de 5 % par rapport premier semestre de l’an passé. Ce qui s’explique par la hausse des actifs sous gestion et par la forte volatilité des marchés qui a entraîné un plus grand nombre de transactions. Dans ce domaine, Rothschild a enregistré une collecte nette de 300 millions.
Seule l’activité de merchant banking (capital-investissement et dette privée) a vu ses revenus chuter de 52 % à 53 millions d’euros en l'absence de réévaluations des investissements au 1er semestre 2020. C’est ce qui explique principalement qu’au total le résultat net part du groupe soit passé d’une année sur l’autre de 124 à 65 millions d’euros. Ce qui ne préjuge en rien du résultat de l’ensemble de l’exercice.
D’autant que depuis quelques semaines la banque est encore plus active en matière de conseil financier auprès de groupes menant à bien des projets de rapprochement, ou en défense, comme c’est le cas sur Suez, et auprès de fonds de private equity qui sont aux aguets compte tenu des besoins en fonds propres de belles entreprises qui ont été obligées de dégrader leur bilan en s’endettant afin de passer le trou d’air du printemps.
À la suite des annonces de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution de mars et juillet recommandant aux établissements financiers de suspendre le versement des dividendes, il a été décidé qu'aucun dividende ne serait distribué aux actionnaires au cours de l'exercice 2020. Toutefois, la banque a l'intention de verser le dividende de 0,85 euros par action, précédemment annoncé au titre de l’exercice 2019, quand cela sera approprié. Et s’il le faut en complément du dividende dû au titre de l’exercice 2020. Ce qui fera du titre une belle valeur de rendement, par ailleurs toujours très décotée par rapport à son actif net par action.
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