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RTL-M6
Les nombreux prétendants au rachat de M6
La mise en vente du groupe M6 par le média allemand Bertelsmann via sa filiale RTL Group, n’en finit pas de susciter des intéressés. Les prétendants au rachat de la participation de contrôle de 48,3 % de M6 - une opération estimée par l’actionnaire à 1,5 milliard d’euros - avaient jusqu’au mercredi 10 mars pour déposer leur offre auprès de la banque de conseil américaine JPMorgan.
Ceux qui avaient d’ores et déjà un pied dans l'engrenage -TF1, Vivendi, Altice, et Daniel Kretinsky ayant été approché par l'offrant le mois dernier - se sont positionnés. Aucun doute n'enveloppe la candidature de TF1, filiale de Martin Bouygues dirigée par Gilles Pélisson, aussi premier concurrent de M6 qu'il devance en termes d'audiences. Viennent ensuite le groupe Vivendi - qui bénéficie d’une position avantageuse en tant que racheteur de la branche de presse française de l'actionnaire allemand Prisma - et Altice Europe, le groupe de Patrick Drahi, bien que cette information n'ait pas été jusqu'alors confirmée, tout comme pour le groupe italien Mediaset. Enfin, la société tchèque CMI appartenant à Daniel Kretinsly - actionnaire du groupe de médias allemand ProSiebens et propriétaire des magazines "Marianne" et "Elle" et de la chaîne de télévision économique "BSmart TV" - aurait également déposé son dossier selon une source du journal Les Échos.
Mais une acquisition de la part d’un des acteurs majeurs du secteur comme TF1 ou Vivendi qui supposerait une consolidation du marché de la télévision soulève des enjeux de concurrence. Dans le cas où TF1 (TF1, LCI, TFX et TF1 Séries Films) est retenu comme acquéreur de M6 (M6, W9, 6Ter, Gulli et Paris Première), cela lui octroierait une position ultra-dominante sur le marché publicitaire et le groupe serait obligé de céder une partie de ses chaînes, la réglementation française ne permettant pas d’en posséder plus de sept.
Il en serait de même en cas de rapprochement de Vivendi (Canal+, Canal+ Cinéma, Canal+ Sport, Planète, C8, CNews et CStar) et M6. Cette inaptitude des sociétés françaises (TF1 et Vivendi) à faire naître un géant sur leur territoire – pour concurrencer les multinationales américaines - révèle l’obsolescence de la réglementation de l’Hexagone selon Nicolas de Tavernost, président du directoire de M6 qui a encouragé les autorités de la concurrence à revoir leurs exigences lors de la présentation des résultats annuels du groupe.
Concernant Vivendi, outre cette barrière réglementaire, le groupe n'étant en mesure d'acquérir à la fois Europe 1, pour lequel il est bien positionné – et M6, Vivendi pourrait ne pas avoir l’intention de racheter M6 mais se positionner simplement dans l'intention de pousser Lagardère à agir.
Outre les candidats qui s'étaient déjà manifestés, de nouveaux offrants viennent gonfler la concurrence. Le propriétaire des radios NRJ et Chérie FM, NRJ Group, aurait déposé une offre en s'associant à un fonds d’investissement pour pallier la disproportion de taille entre l’acquéreur – NRJ, qui réalise un chiffre d'affaires d'environ 336 millions d'euros par an – et sa cible, selon les propos rapportés par Le Point. Enfin, les trois associés du groupe audiovisuel Mediawan qui réunit Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton auraient créé une société, PNC Media, afin de prétendre au rachat de M6-RTL selon le Figaro, ils bénéficieraient de surcroît de l'appui de la famille Arnault selon le même journal. Le groupe PNC Media et la société tchèque CMI ne sont pas freinés par les lois de concurrence en leur qualité de nouveaux entrants. Ce qui donne raison à Nicolas de Tavernost : la réglementation actuelle incite à la fragmentation.
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