Entreprises / Actions / Rodolphe Saadé / m6 / Bertelsmann / RTL-M6 / Xavier Niel / Nicolas de Tavernost / AMF / Actionnariat / rachat
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Rodolphe Saadé / m6 / Bertelsmann / RTL-M6 / Xavier Niel / Nicolas de Tavernost / AMF / Actionnariat / rachat
L'intérêt de Rodolphe Saadé pour M6 ne se dément pas / Déjà entré au conseil de surveillance, le patron de CMA CGM se renforce au capital
Coopté au conseil de surveillance de M6 à la mi-février 2023, Rodolphe Saadé conforte son siège au sein de la chaîne numéro six. Selon une déclaration de l'Autorité des marchés financiers (AMF), le patron de l'armateur marseillais CMA CGM est désormais propriétaire de 10,25 % du capital (et des droits de vote qui s'en accompagnent) du groupe de télévision. Déjà détenteur d'environ 8 % des parts de la société à la fin de l'année 2022, le milliardaire franco-libanais renforce ainsi sa position d'actionnaire. Cette discrète ascension ne remet, pour autant, pas en cause la place du premier propriétaire de M6, RTL Group (lui-même détenu par l'allemand Bertelsmann) : les titres ont été acquis sur les marchés financiers, précise ainsi l'AMF. La maison-mère de RTL possède donc toujours 48,26 % de la société.
Il reste que le dévolu jeté par le propriétaire du groupe de presse La Provence sur la société dirigée par Nicolas de Tavernost se dévoile toujours plus. C'est en décembre 2022 que le patron de CMA CGM avait fait ses premiers pas chez M6. En acquérant plus de 6,34 millions d'actions, il avait ainsi franchi le seuil de détention de 5 % du capital du groupe.
En remontant encore en arrière
Mais l'épisode ne constituait pas la première marque d'intérêt de l'armateur pour la sixième chaîne. Après l'interdiction du mariage entre TF1 et M6 par l'Autorité de la concurrence, RTL Group avait souhaité se désengager du marché français. Ainsi, à l'automne dernier, plusieurs candidats s'étaient proposés pour reprendre les parts du premier actionnaire de la chaîne. Et parmi eux, un trio avait émergé. En son sein, le producteur Stéphane Courbit, le financier Marc Ladreit de Lacharrière et, donc, Rodolphe Saadé. Les trois aspirants n'avaient d'ailleurs pas hésité à faire grimper les enchères, signe de leur détermination à acquérir la chaîne. La proposition de rachat était, selon des informations de presse, de 20 euros par action, soit une prime de près de 40 % par rapport au cours du titre à la fin du mois de septembre.
Face à eux s'affichaient aussi de sérieux concurrents. L'homme d'affaires tchèque Daniel Kretinsky et un tandem composé de Xavier Niel et du groupe Berlusconi s'étaient eux aussi lancés dans la course au rachat. C'est finalement le temps qui aura eu raison des trois challengers. En cause : le calendrier de réattribution de la sixième fréquence hertzienne à la chaîne, qui sera effective en mai 2023, par l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom). De fait, la loi française interdit tout changement de contrôle de la société pour une durée de cinq années à compter de cette date. Rattrapé par un calendrier trop serré, RTL Group avait jeté l'éponge. Tout comme Daniel Kretinsky - du moins pour le groupe M6 -.
A chaque milliardaire sa propre méthode
Du côté de Rodolphe Saadé et de Xavier Niel, pas question d'abandonner le match. Mais à l'aide de méthodes différentes : Xavier Niel a tenté de s'installer sur le canal historique de M6, en proposant de lui créer une concurrente, la SIX. Rodolphe Saadé a, quant à lui, fait le choix d'entrer au capital du groupe au travers de son véhicule d'investissement CMA CGM Participations. Une arrivée qui s'était alors déroulée de manière cordiale avec la direction, puisque quelques mois après cette prise de participation, Rodolphe Saadé était donc appelé au conseil de surveillance de M6. Coopté afin de remplacer, pour un mandat qui court jusqu'en 2024, un siège vacant à la suite d'une démission, la ratification de sa nomination sera soumise au vote des actionnaires du groupe le 25 avril prochain, à l'occasion de leur assemblée générale annuelle.
Selon l'avis publié par l'AMF, Rodophe Saadé entend continuer à soutenir la stratégie de la société à un horizon de six mois. Il n'envisagera pas de demander la nomination de membres supplémentaires au conseil de surveillance, ni de prendre le contrôle de la société. Pour autant, le gendarme boursier précise également que sur cette même période, le dirigeant de CMA CGM prévoit "de poursuivre [ses] acquisitions de titres, (...) en fonction des opportunités et des conditions de marché".
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