WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / CMA-CGM / Yildirim Holding / Bpifrance / Rodolphe Saadé

Entreprises / Actions
CMA-CGM / Yildirim Holding / Bpifrance / Rodolphe Saadé

CMA-CGM : un bénéfice record de 25 milliards de dollars largement réinvesti / Et qui donnera lieu aussi à de copieux dividendes

Profitant d’un contexte exceptionnel qui a fait s’envoler les prix du fret, l’armateur CMA-CGM a dégagé en 2022 un bénéfice historique de près de 25 milliards de dollars, qui devrait donner lieu au versement de copieux dividendes pour ses actionnaires : la famille Saadé, le turc Yildirim Holding et Bpifrance. L’année 2023 s’annonce cependant nettement moins porteuse.
Rodolphe Saade, PDG de CMA-CGM - Bruno LEVY/CHALLENGES-REA
Rodolphe Saade, PDG de CMA-CGM - Bruno LEVY/CHALLENGES-REA

Il y a mieux que le pétrole, l’automobile, le luxe ou la banque pour dégager des marges importantes. L’entreprise française la plus profitable en 2022 n’est pas TotalEnergies, Stellantis, LVMH ou BNP Paribas, mais CMA-CGM, dont Ramon Fernandez sera bientôt le nouveau directeur financier. Le troisième armateur mondial a réalisé l’an dernier un bénéfice net record de 24,9 milliards de dollars en 2022, soit 23,4 milliards d’euros, a-t-il annoncé vendredi soir, à la veille du week-end, dépassant les 17,9 milliards de dollars déjà historiques de 2021.

Ces deux années de superprofits témoignent de la très bonne santé du groupe de transport maritime dirigé par Rodolphe Saadé qui a changé de dimension en peu de temps. A la lecture des résultats 2022 de l’entreprise, on peine à imaginer que celle-ci affichait une perte de 229 millions de dollars en 2019, et que la fragilité de sa situation financière d’alors l’avait conduite à souscrire un prêt garanti par l’Etat (PGE) de 1,05 milliard d’euros, depuis remboursé (en 2021).

Une évolution qui s’explique "par un contexte exceptionnel", rappelle le groupe, qui a profité des prix historiquement hauts du fret maritime provoqués par la pandémie, surtout au premier semestre. En rapportant l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 33,3 milliards de dollars au chiffre d’affaires de 74,5 milliards de dollars, la marge de l’entreprise a atteint le niveau extrêmement élevé de 44,7 % l’an dernier. Et ce alors que les volumes de fret transportés par le groupe ont légèrement décliné sur l’année (-1,3 %). La demande de transport de biens a ralenti au second semestre, sous l’effet du ralentissement de la croissance économique, entraînant "une normalisation accélérée des taux de frets spots au dernier trimestre", indique l’entreprise. Les taux de fret se normalisant, les prix sont d’ailleurs repassés en février de cette année sous les 2 000 dollars la tonne, loin des niveaux records à 11 000 dollars de septembre 2021, selon le Freightos Baltic Index.

Ce qui n’empêche pas le groupe d’appréhender 2023 "avec confiance". "Dans le contexte actuel de normalisation des échanges et de baisse des taux de fret, notre stratégie et les investissements que nous avons réalisés s’avèreront d’autant plus pertinents", explique Rodolphe Saadé.

Comme en 2021 en effet, "près de 90 % des bénéfices nets réalisés en 2022 sont réinvestis", indique la société. Des investissements une nouvelle fois affectés à l’outil industriel, mais aussi au renforcement du bilan et à la flexibilité financière. En faisant cette annonce, le groupe prend visiblement les devants dans le débat sur la taxation des superprofits. Car si 90 % sont investis, cela signifie que les 10 % restants, soit près de 2,5 milliards de dollars, seront versés aux actionnaires, qui sont à 73 % la famille Saadé, le conglomérat industriel turc Yildirim Holding à 24 %, et Bpifrance pour 3 % du capital. Sachant qu'un acompte sur dividende de 1,5 milliard de dollars a déjà été versé l’an dernier.

Voilà qui pourrait attirer l’attention et reposer la question de la taxation des super-profits, en particulier compte tenu du fait que CMA-CGM bénéficie en très grande partie d’un régime fiscal avantageux, destiné à protéger les armateurs européens de la concurrence asiatique. Si ses activités portuaires et logistiques sont bien soumises au taux normal de l’impôt sur les sociétés de 25 %, le fret maritime, qui constitue la quasi-totalité de ses résultats, bénéficie d’une imposition au tonnage, qui se traduit par d’importantes économies. En 2021, l’impôt sur les sociétés payé par le groupe s’est limité à 370 millions de dollars, soit 2 % de ses profits.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article