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Microsoft-Activision Blizzard : l’autorité de la concurrence américaine déboutée / Une épine dans le pied en moins pour le mariage à 69 milliards de dollars
Microsoft était confiant et la justice américaine lui a donné raison. La Federal Trade Commission (FTC), qui avait tenté de suspendre l’opération de rachat de l’éditeur Activision Blizzard par Microsoft a en effet essuyé un revers ce mardi : alors que l’autorité de la concurrence américaine a déjà porté plainte pour empêcher cette acquisition pesant près de 69 milliards de dollars, elle avait requis en référé auprès du tribunal de San Francisco de bloquer temporairement l’opération en attendant l’examen de la procédure administrative sur le fond de l’affaire. Il se tiendra quant à lui au mois d’août. Mais du fait de raisons légales américaines concernant les délais et qui pourraient techniquement laisser ce rachat se réaliser le 18 juillet prochain et sur la base d’articles de presse, la FTC a donc demandé une injonction préliminaire au tribunal de San Francisco dans le but de suspendre l’opération.
Malheureusement pour la FTC, la juge fédérale Jacqueline Scott Corley a estimé, dans une décision publiée ce mardi, que l’autorité "n’a pas démontré qu’elle était capable de prouver que cette opération était susceptible d’affaiblir la concurrence dans cette industrie". Au président de firme de Redmond, Brad Smith, de se féliciter sur son compte Twitter : "Nous sommes reconnaissants auprès du tribunal de San Francisco pour cette décision rapide et approfondie et espérons que les autres juridictions continueront à travailler à une résolution rapide. Comme nous l’avons démontré de manière constante tout au long de ce processus, nous nous engageons à travailler de manière créative et collaborative pour répondre aux préoccupations réglementaires".
La CMA plus conciliante
Car la bonne nouvelle reçue de la part de la justice américaine s’en est assortie d’une seconde, venue cette fois d’Outre-Manche. Alors que l’autorité britannique de la concurrence et des marchés (CMA) avait elle aussi posé son veto sur l’opération, elle a indiqué dans une réaction transmise à l’AFP être prête "à examiner toute proposition de Microsoft pour amender la transaction", tandis que Microsoft a décidé de la suspension de son action en justice lancée à l’encontre du refus initial.
De fait, plus grand-chose ne semble donc faire obstacle au rachat de l’éditeur de jeux à succès (comme entre autres Call of Duty, Candy Crush ou encore World of Warcraft) par la Big Tech américaine. Il ferait, par ailleurs, de Microsoft le numéro trois du secteur des jeux vidéo. Si la FTC ou la CMA ont fait part de leurs inquiétudes quant au fait que Microsoft ne réserve les franchises d’Activision à sa console Xbox (et privant ainsi par exemple son concurrent Sony et sa Playstation de ces jeux à succès), la Commission européenne (CE) a, elle, été convaincue par les preuves de bonne foi avancées par la société fondée par Bill Gates.
Des engagements
Elle a par exemple promis de garantir l’accès au titre Call of Duty à son concurrent Sony pendant dix années, a noué un partenariat avec Nintendo pour amener ce même jeu sur la console Switch du géant japonais et en a conclu d’autres pour que les jeux en nuage (ou en ligne) puissent bénéficier du contenu d’Activision. Le tribunal de San Francisco a ainsi estimé que la FTC n’avait pas démontré de probabilité suffisante quant au fait que cette "fusion verticale particulière dans ce secteur spécifique pourrait réduire la concurrence de manière substantielle. Au contraire, les éléments du dossier indiquent que les consommateurs auront davantage accès à Call of Duty et à d’autres contenus d’Activision".
Au total, en incluant tous les membres de l’Union européenne du fait de l’approbation de l’opération par la CE, ce sont près de quarante pays qui ont donné leur autorisation à ce rapprochement. Néanmoins, la FTC a confié à l’agence Bloomberg que "dans les jours à venir, [elle annoncerait ses] prochaines étapes pour continuer [son] combat de préservation de la concurrence et de la protection des consommateurs".
Deux options
"La responsabilité de cette Cour dans cette affaire est étroite. Elle doit décider si, malgré ces circonstances actuelles [les engagements pris par Microsoft quant à ses concurrents, ndlr], la fusion doit être interrompue – peut-être même résiliée – en attendant la résolution de l’action administrative de la FTC", a ainsi rappelé le compte rendu de la justice américaine.
La date butoir du 18 juillet (au-delà de laquelle l’accord entre les deux parties expirera et qui devrait entraîner son renouvellement) s’approchant, Microsoft pourrait ainsi décider d’accélérer le pas et de boucler l’opération dans les prochains jours. Reste donc à voir quelle option choisira la FTC : à savoir de faire appel de la décision californienne (puisque l’audience sur le fond de l’affaire est encore théoriquement prévue au mois d’août) ou si elle choisira d’abandonner le cas après avoir été déboutée en référé.
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