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Derniers résultats annuels de M6 sous la présidence de Nicolas de Tavernost / La publicité à la télévision marque le pas et le groupe veut prendre sa part dans le streaming
Les résultats annuels de M6 étaient attendus ce mardi, l’annonce qui les a accompagnés beaucoup moins : Nicolas de Tavernost, patron historique de la sixième chaîne, a décidé de quitter sa présidence. Son mandat devait prendre fin le 22 août 2025, en raison de l’âge limite qui incombe à sa fonction. C’est finalement en avril prochain, à la suite de l’assemblée générale, que le patron du groupe depuis plus de trente ans transmettra le flambeau à David Larramendy, actuel directeur général de M6 Publicité et membre du directoire en charge des activités commerciales.
Un coup de tonnerre, tant l’histoire de M6 lui est associée. Installé à sa présidence depuis 2000, il a été l’artisan de la fondation et du développement du groupe audiovisuel dès 1987. Coiffé de la pleine confiance de ses actionnaires, il s’était notamment vu être prolongé à la présidence opérationnelle du groupe au travers d’une révision des statuts relatifs à la limite d’âge. Au fil de ces nombreuses années, Nicolas de Tavernost aura mené bien des chantiers. Développement de la chaîne, diversification, projet de fusion avec TF1 (dont il aurait dû prendre la tête si elle n’avait pas échoué), renouvellement de la sixième fréquence l’année dernière face à la détermination de Xavier Niel d’y installer son projet SIX, préparation d’une feuille de route dédiée au streaming financé par la publicité pour accélérer sa transformation numérique… le palmarès est rempli.
"Je suis sûr que David Larramendy saura relever les défis nombreux et poursuivre dans la voie du succès. Les résultats de 2023 prouvent la solidité du Groupe, le plan de développement des activités digitales illustre son agilité et la compétence des équipes permet l’optimisme pour l’avenir", s’est ainsi exprimé le bientôt ex-président du directoire du groupe M6 à cette occasion. Car oui, si le fait que Nicolas de Tavernost tire sa révérence a tout particulièrement attiré l’attention, il reste néanmoins que le groupe publiait aussi hier les résultats de son exercice 2023.
Mauvais temps pour la publicité
Une copie annuelle en demi-teinte : le chiffre d’affaires consolidé est ressorti en baisse de 3 %, à 1,3 milliard d’euros (-0,7 % à périmètre constant). Les facturations publicitaires ont en effet marqué le pas, en recul d’1,5 % sur un an. En cause, ses revenus télévisuels qui se sont dépréciés de 2,2 % par rapport à 2022, "suivant la même tendance que le marché", a fait valoir M6.
Les autres revenus publicitaires ont quant à eux progressé de 2,2 % sur un an. Ce qui lui a permis de compenser légèrement le recul du chiffre d’affaires publicitaire TV, notamment grâce à un marché publicitaire radio dynamique sur l’ensemble de l’année. Le pôle radio du groupe (RTL et Fun Radio) a d’ailleurs été en bonne forme en 2023. RTL est devenu le premier éditeur privé de podcasts en France. Le chiffre d'affaires de l'activité Radio a d'ailleurs progressé de 4,7 % sur l'année.
Mais d'un autre côté, les revenus non publicitaires se sont contractés de 9 % sur un an. Et si les coûts d’exploitation sont restés quasi stables en 2023, tout comme ceux de la grille TV, ces derniers sont ressortis un peu plus important qu’escomptés, estime le cabinet Oddo BHF. Le coût de cette grille s’affiche ainsi à 503 millions d’euros au titre de 2023, contre 495 millions d’euros attendus. "La hausse s’explique par les premiers investissements liés au streaming et qui devraient donc se poursuivre", explique le bureau d’études. De fait, la filiale de l'allemand Bertelsmann prévoit un plan d’investissement en la matière de plus de 100 millions d’euros à l’horizon 2028 qui visera à tripler le chiffre d’affaires de ces activités.
Un seul mot d’ordre
Le résultat opérationnel courant est quant à lui retombé à 301 millions d’euros, en baisse de 10,6 % sur un an. Toutefois, la part du résultat dans les coentreprises et entreprises associées s’élève à 8,3 millions d’euros. Ce qui est à comparer à une perte de 70,7 millions d’euros en 2022. La liquidation de Salto y a contribué à hauteur de 2,4 millions d’euros (alors que la perte opérationnelle constatée et la provision des coûts de fermeture avaient coûté 46 millions d’euros l’année passée).
La prise de participation dans l’allemand GSG, en 2020, porte d’ailleurs ses fruits illustrant "l’amélioration de sa rentabilité du fait de l’acquisition structurante en janvier 2023 de Pepper.com qui a aussi conduit à l’enregistrement d’un profit de dilution. Enfin, Bedrock a poursuivi ses investissements dans sa plateforme technologique de streaming vidéo", s’est félicité M6. De quoi faire rebondir le résultat net du groupe, en hausse de 45 % sur un an, à 237 millions d’euros.
Pour l’année à venir, le mot d’ordre est clair : streaming. Une nouvelle plateforme sera lancée et proposera une offre gratuite, accessible sur tous les écrans (notamment grâce à Bedrock). Ce sera une manière de renforcer la proposition de valeur du groupe pour les annonceurs, a-t-il assuré. Cent millions d’euros de coûts opérationnels seront donc investis d’ici à 2028 : "Le break-even [ou le seuil de rentabilité, ndlr] est attendu en 2027", prévoit M6. Le groupe pourra aussi profiter de l’Euro 2024 et de l’opportunité qu’il représentera en matière de publicités et de parts d’audience : en tant que diffuseur officiel, il proposera en exclusivité - en clair et en direct - la finale, la demi-finale et deux quarts de finale
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