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Bel cède Leerdammer en vue de se retirer de la cote
L'entreprise familiale Bel - qui détient les plus grandes marques européennes de fromage, Vache qui rit, Boursin, Kiri, Babybel etc. - s’est décidée à entrer en négociations exclusives avec Lactalis, disposée à lui vendre l’une de ses marques emblématiques : les fromages Leerdammer d’origine néerlandaise appartenant au groupe Bel depuis vingt ans, selon les annonces du groupe ce matin à la suite de la présentation de ses résultats annuels. L'occasion pour Bel de poursuivre le rééquilibrage de son portefeuille en réduisant la part des produits laitiers pour favoriser le segment du fruit et du végétal.
La cession englobe les filiales de la marque Leerdammer aux Pays-Bas, en Italie et en Allemagne, ainsi que la marque Bel Shostka en Ukraine et "tous les droits attachés à la marque" selon un communiqué. "Cette opération permet à Lactalis de prendre pied sur le marché des fromages de Hollande et de s’implanter industriellement aux Pays-Bas à travers trois sites de production" a commenté Emmanuel Besnier, président de Lactalis, groupe fondé par la famille Besnier dans les années 1930 à Laval et numéro Un mondial des produits laitiers. Le chiffre d’affaires réuni de Leerdammer et de Bel Shostka était de 500 millions d’euros au 31 décembre 2020, les ventes et la rentabilité de la marque néerlandaises ayant doublé au cours de ses vingt années sous la tutelle de Bel.
Le rachat - qui doit encore recevoir l’aval des autorités des concurrences - est valorisé, selon Emmanuel Besnier, à près de 600 millions d’euros au cours actuel du titre de Bel soit 372 euros pour une valorisation du groupe à 2,56 milliards d’euros. Mais Lactalis paiera cette acquisition en titre. En échange du périmètre que le groupe s'apprête à acquérir, il cédera la quasi-totalité (23,16 %) de ses parts détenues au capital de Bel et ne conservera plus que 0,90 % des parts du groupe d’Antoine Fiévet au côté de Unibel, actionnaire majoritaire de Bel.
Si bien que le groupe de la Vache qui rit retrouvera à l’issue de cette opération le quasi-contrôle de son capital. "À travers ce projet de cession d’un périmètre comprenant la marque Leerdammer à Lactalis, nous renforçons notre modèle d’entreprise familiale indépendante, qui nous permet d’inscrire notre vision dans un temps long," a commenté Antoine Fiévet, Président-Directeur Général du Groupe Bel.
Afin d’en détenir l’intégralité, le fabricant de fromages a par ailleurs annoncé son intention de rachat des parts de ses actionnaires minoritaires au prix de 440 euros par action - soit une prime de 28 % par rapport au cours moyen ses 60 derniers jours - au cours du second semestre sous l’égide de BNP Paribas. Ces parts seront par la suite intégralement rachetées au même prix par sa maison mère Unibel, ce qui permettra de retirer le groupe de la cote qui retrouvera ainsi sa complète indépendance.
Le groupe Bel a annoncé de surcroît de solides résultats au titre de l’année écoulée : une progression de son bénéfice net part du groupe de 18,4 %, à 144 millions d'euros, et de 1,5 % de son chiffre d’affaires qui s’élève à 3,46 milliards d’euros.
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