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Compagnie des Alpes
L'État au secours de la Compagnie des Alpes
Un Décret salutaire pour la Compagnie des Alpes - la filiale cotée de la Caisse des Dépôts qui exploite les domaines d’une dizaine de stations alpines dont celle de Méribel, Tignes-Val d'Isère, et du domaine Les Arcs-La Plagne - a été publié vendredi par la Commission européenne : il dévoile le mode de calcul de l'indemnité qui sera accordée aux exploitants de remontées mécaniques. Une précision qui était attendue depuis le 19 mars, date à laquelle la Commission européenne a donné son autorisation au gouvernement français d'indemniser les exploitants de domaines skiables sur la période allant du 1er décembre 2020 au 30 avril 2021.
Selon la décision de la Commission, le calcul de la "compensation partielle du préjudice subi" se basera sur un niveau d'activité de référence qui correspond à la moyenne du chiffre d’affaires - provenant de l'exploitation des remontées mécaniques - au cours des exercices des années 2017, 2018 et 2019 (hors station 2 Alpes concernant la Compagnie des Alpes). L'évaluation de la subvention tiendra également compte du poids de la période de fermeture dans l’activité annuelle de la société, et le montant ne devra pas dépasser les 49 % de la perte d’activité. Compte tenu de ces précisions, la Compagnie des Alpes estime que cette indemnisation sera de l’ordre de 150 à 160 millions d’euros (avant impôt). Un montant certes important mais loin des 49 % de son manque à gagner que le groupe évalue à un demi-milliard d'euros selon les révélations de Dominique Marcel, président-directeur général du groupe, à la suite l'Assemblée générale mixte de la société.
En effet, la situation pour la compagnie va de mal en pis au fil des annonces du gouvernement. Car la Compagnie des Alpes (CDA) ne pourra finalement pas compter sur un regain d'activités de ses parcs à thèmes - parc Astérix, parcs Walibi, musée Grévin etc. - pour compenser l'absence totale de chiffre d’affaires de ses domaines skiables. La prolongation des mesures de fermeture de ces sites de loisirs tout au long du second trimestre de son exercice fiscal (les mois de janvier à mars) - à l'exception de ses parcs Chaplin’s World et Grévin Montréal - est un coup de plus porté au chiffre d'affaires de l'entreprise française, spécialisée dans les parcs à thèmes et stations de ski.
Le 21 janvier dernier, la société évaluait déjà à 50 millions le manque à gagner de la fermeture de ses sites depuis le début de son exercice décalé qui a commencé au 1er octobre. Pour évaluer ce manque, la société se réfère à son exercice de 2019-2020, plus représentatif car n'ayant pas connu les effets de la pandémie. Elle estime maintenant ce montant à 65 millions, auxquels s'ajoute un hypothétique mais fort probable 40 millions supplémentaires de pertes d'activité au cours du mois d'avril étant donné que les mesures devraient être maintenues.
Ces 105 millions d'euros sont à additionner aux 400 millions d’euros perdus - 99 % du chiffre d'affaires du groupe en 2018-2019 pour ce segment d’activité (hors station des 2 Alpes) - pour cette saison compte tenu de l'interdiction d'ouverture des remontées mécaniques. Donc au total la société générera un demi-milliard d’euros de moins que ce si ses activités avaient été maintenues, le double de sa baisse d'activité du dernier exercice (240 millions d’euros). Le groupe continue pourtant de se battre : en dehors de l'indemnisation dont il sera l'objet il espère compenser partiellement cette perte par une réduction de ses charges à hauteur d’au moins 30 %. Il compte par ailleurs investir 140 millions pour relancer l'activité.
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