Banques / Jean-Manuel Richier / HSBC / HSBC Continental Europe
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Jean-Manuel Richier / HSBC / HSBC Continental Europe
"L’objectif de HSBC est d’être la première banque internationale pour notre clientèle d’entreprises"
Quelle est la stratégie de HSBC en Europe ?
Lors du "reset" de la stratégie du groupe en février 2020, le message de "pivot vers l’Asie" a été interprété par certains commentateurs comme le signal d’un retrait d’Europe continentale de l’ensemble des activités de HSBC. À tort. Il traduit en fait l’idée d’une réallocation du capital et des ressources humaines vers la zone où la croissance est la plus prometteuse et où la crédibilité du groupe est la plus forte. Il signifie également que HSBC veut mettre son réseau asiatique à disposition de ses clients des autres continents, et vice versa.
Dans les fusions-acquisitions par exemple, les deux corridors de transactions les plus importants vont de l’Europe vers l’Asie et des États-Unis vers l’Asie. C’est pourquoi HSBC se doit d’être présent à la fois en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, etc. Nous ne pouvons pas assister nos clients européens simplement depuis l’Asie.
Plus précisément, quelle est votre stratégie pour la BFI en Europe ?
En banque de financement et d’investissement (BFI), notre stratégie de croissance en Europe n’a pas changé, à ceci près que nous nous concentrons sur les clients à qui nous pouvons apporter une valeur ajoutée et qui valorisent notre réseau international. Nous sommes sortis de la logique d’être une banque locale dans tous les pays pour être un pont entre différents pays. Notre objectif est d’être la première banque internationale pour notre clientèle d’entreprises.
Nous privilégions les marchés de capitaux (dette et action), le financement, le transaction banking (cash management, financement export…). En fusions-acquisitions, nous sommes sélectifs et ne couvrons pas l’ensemble des secteurs dans toutes les régions : nos points forts sont l’industrie, les services y compris financiers, les TMT [télécoms, média et technologies, ndlr] et la santé. Dans les introductions en Bourse, nous ne sommes pas les mieux positionnés pour accompagner une société européenne qui voudrait se coter uniquement sur le Nasdaq. Mais nous accompagnons les nombreuses sociétés européennes qui, désormais, considèrent que les marchés boursiers européens sont une voie crédible. HSBC a ainsi fait partie des teneurs de livre dans l’IPO du français Believe.
Comment jugez-vous l’état de forme insolent des marchés financiers ?
Les marchés actions bénéficient d’une part des politiques accommodantes des Banques centrales et des pouvoirs publics. D’autre part, le récent discours de la Réserve fédérale américaine a rassuré les investisseurs dans sa capacité à maîtriser une possible hausse de l’inflation à partir de 2023. Sauf élément exceptionnel, l’environnement soutient le niveau élevé des Bourses.
À l’avenir, les principales opérations des grandes entreprises françaises seront probablement européennes ou mondiales, la plus grande partie du chemin de la consolidation domestique ayant été faite, tandis que la liquidité abondante dans les fonds de private equity permettra également à ces groupes de faire des arbitrages dans leurs activités.
Comment HSBC se positionne-t-elle dans ce contexte ?
La BFI de HSBC dispose d’un peu plus de 1 000 banquiers en Europe continentale et notre plate-forme est la plus importante BFI basée à Paris en dehors de celles des principales banques françaises. Cela nous a permis d’être présents sur les grands dossiers de Place de ces derniers mois, comme les acquisitions de Suez par Veolia, de Borsa Italiana par Euronext, ou l’augmentation de capital d’Air France-KLM. Ces grandes opérations nous permettent de mettre en avant l’ensemble de nos services, puisqu’elles comportent du M & A, du financement bancaire et du refinancement de marché en actions ou en obligations.
HSBC est une banque universelle et nous sommes en mesure d’utiliser notre bilan au service de nos clients. C’est pourquoi HSBC est la banque internationale la plus impliquée dans les Prêts garantis par l’Etat (PGE) en France : nous avons distribué plus de 5 milliards d’euros de PGE. Mais bien entendu, nous optimisons également l’utilisation de notre bilan à travers le modèle originate to distribute [par lequel une banque cède sur les marchés financiers la majeure partie des prêts qu’elle arrange, n’en conservant qu’une partie de ses créances sur son bilan, ndlr]. C’est pourquoi la vente de nos activités de détail en France, qui pèsent moins de 50 milliards d’euros d’actifs sur les 2 600 milliards pour l’ensemble du groupe, ne va rien changer pour les clients de notre BFI.
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