WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Professions financières / Generali / Assurance

Professions financières
Generali / Assurance

Le français Philippe Donnet joue sa tête chez Generali

L'assureur italien a communiqué un plan triennal très ambitieux hier. Mais il est peu probable que cela apaise la contestation à laquelle son administrateur délégué fait face.
Philippe Donnet, administrateur délégué de Generali
Philippe Donnet, administrateur délégué de Generali

Contesté par plusieurs puissants actionnaires italiens, Philippe Donnet, l’administrateur délégué de Generali, a présenté hier matin un plan stratégique très ambitieux pour la période 2022-2024 : "Lifetime Partner 24" prévoit notamment une croissance annuelle de 6% à 8% de son bénéfice net par action, une augmentation des primes en assurance dommages non-motorisés supérieure de 4% par an en moyenne, une génération de trésorerie disponible comprise entre 2,5 et 3 milliards d’euros, 3 milliards d’euros consacrés aux acquisitions, 1,1 milliard consacré aux investissements numériques (+60% par rapport à la période précédente) et, pour finir d’emporter l’adhésion des actionnaires, la distribution de 5,2 à 5,6 milliards d’euros sous forme de dividendes (soit une hausse de 14% à 25% par rapport aux versements effectués entre 2019 et 2021) et le premier programme de rachat d’actions depuis ces 15 dernières années, de 500 millions d’euros en l’occurrence, qui sera réalisé au cours des 12 prochains mois.

Ces objectifs ont agréablement surpris nombre d’analystes, à l’instar des courtiers Kepler Cheuvreux et Jefferies. L’enjeu était de taille pour Philippe Donnet : il doit ni plus ni moins convaincre les actionnaires qu’il est la personne idoine pour continuer à diriger le groupe pour un troisième mandat, alors qu’il est contesté par deux actionnaires très importants et faiseur de pluie du capitalisme italien : le magnat du BTP et des médias Francesco Gaetano Caltagirone et le fondateur de Luxottica Leonardo Del Vecchio (désormais président d’EssilorLuxottica).

Muscler la stratégie d'acquisitions

Ces deux hommes d’affaires, unis par un "pacte de consultation", détiennent 15,6% des droits de vote, alors que la banque Mediobanca, principal soutien du Français, en affiche 18,7%. Ils ont prévu de présenter leur propre candidat à la direction du groupe à l’occasion de la prochaine assemblée générale de l’assureur, prévue en avril 2022. Ce qui laisse imaginer une foire d’empoigne d’autant plus belle que Leonardo Del Vecchio est le premier actionnaire de… Mediobanca (à hauteur de 20%) et qu’il ne s’entend pas avec le PDG de la banque Alberto Nagel.

Francesco Gaetano Caltagirone et Leonardo Del Vecchio reprochent notamment à la direction de manquer d’ambition dans ses acquisitions, en particulier en Asie – Generali est le troisième assureur européen. De fait, Philippe Donnet a utilisé 85% des quatre milliards d’euros prévus pour les acquisitions entre 2019 et 2021 essentiellement en Europe, dont près de 1,2 milliard pour son concurrent italien Cattolica, 167 millions pour la filiale grecque d’Axa et, selon les rumeurs, environ 400 millions pour le français La Médicale auprès de Crédit Agricole Assurances. Generali est également cité comme repreneur potentiel de la filiale polonaise du britannique Aviva (valorisée autour de 2 milliards d’euros). L’Italien, dont la part de marché dans l’Hexagone le situe autour de la huitième place en assurance de personnes et neuvième en dommages (soit environ 5,5% et 3,7%), a en revanche raté Aviva France (dont la pénétration approche les 4% en assurance de personnes), repris par Aéma pour 3,2 milliards. Une victoire aurait renforcé Philippe Donnet dans son rapport de force avec Francesco Gaetano Caltagirone et Leonardo Del Vecchio.

Dans la stratégie de diversification de Generali, Philippe Donnet a cité le marché asiatique, les PME, la santé, les soins aux personnes âgées en Europe et l’assurance voyages aux Etats-Unis. Mais cela ne suffira pas aux deux contestataires italiens. Les trois milliards d’euros prévus pour les acquisitions sont estimés modestes par des professionnels des marchés. Les investisseurs sont d’ailleurs restés calmes dans la foulée des annonces de Generali : le titre a clos la séance en hausse de 0,5% à la Bourse de Milan, à 18,54 euros.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article