Macro-économie / Taux / FBF / Syntec / France Assureurs / emploi qualifié
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FBF / Syntec / France Assureurs / emploi qualifié
L'avenir de l'emploi qualifié revient sur le devant de la scène
À l’heure où la course à l’Élysée fait rage, de nombreux acteurs de la société civile essayent d’amener dans le débat public les sujets les plus importants à leurs yeux. C’est cette lumière médiatique qu’espèrent attirer la Fédération bancaire française (FBF), la Fédération Syntec et France Assureurs sur leur livre blanc proposant une série de mesures pour l’emploi qualifié en France. Lors de la conférence de presse de présentation, il a très vite été question d’une "révolution silencieuse" qui est celle qui a vu la part des emplois qualifiés exploser au cours des dernières décennies. Là où on avait 1 actif sur 10 qui était un cadre en 1986, c’est désormais un cinquième des actifs français qui sont des cadres, une évolution qui a vu la proportion des cadres dans les actifs dépasser celle des ouvriers. Or ces emplois qualifiés étant aussi majoritairement concentrés dans les activités qui "ont connu la forte croissance au cours des dernières années et qui contribuent le plus à la création de richesses", il est donc essentiel pour les auteurs du livre blanc d’en faire un "véritable atout stratégique pour la France".
Parmi les solutions avancées pour cela, figure en premier lieu l’efficience tant du financement que du fonctionnement de la formation professionnelle, il s’agit de favoriser la formation continue des actifs mais également de continuer à surfer sur le succès de l’apprentissage. Dans cette optique il faudrait à la fois mieux former les futurs emplois qualifiés via la formation initiale, travailler sur les dispositifs de reconversions et s’attacher à conserver la compétitivité de la France pour attirer ces personnes qualifiées. Maya Atig, directrice générale de la FBF, souligne à ce sujet qu’il est indispensable de "valoriser les compétences" des cadres tant ils sont "essentiels à la société, à l’économie et au rayonnement de notre pays".
Il y a notamment une vraie problématique concernant l’attractivité qui a été martelé lors de la conférence de presse ; aujourd’hui il y a un déficit dans l'Hexagone pour attirer ces personnes qualifiées, si la France est "dans le benchmark européen" pour l’emploi hautement qualifié elle est encore en retard par rapport à l’Allemagne sur ce sujet-là. Un autre point préoccupant est la fuite d’une partie des talents français puisque près de 13 % des diplômés hautement qualifiés partent occuper leur premier emploi à l’étranger et ce sans pour autant effectuer systématiquement le chemin retour. Une situation d’autant plus inquiétante qu’il y a encore un déficit de personnels dans de nombreux secteurs en France.
Florence Lustman, présidente de France Assureurs, appelle également à renforcer "la présence des femmes dans les filières scientifiques et techniques", tout en prenant ses dispositions pour que les succès en termes de féminisation ne se mesurent plus seulement à l’aune du nombre de femmes dans les conseils d’administrations mais également aux postes exécutifs. Cet équilibre devant apporter une "vision plus efficace" sur une perspective de long terme, ce qui comprend également l’accueil dans de nouveaux territoires d’emplois qualifiés aujourd’hui trop "metropolisés". Un rééquilibrage démographique qui s’accompagnera sans doute également d’accords concernant le télétravail au sein des entreprises "vers deux jours par semaine, c’est la norme qui s’installe" nous a confiés Laurent Giovachini, président de la fédération Syntec.
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