Entreprises / Actions / Generali / Philippe Donnet / Francesco Gaetano Caltagirone / Caltagirone
Entreprises / Actions
Generali / Philippe Donnet / Francesco Gaetano Caltagirone / Caltagirone
Caltagirone claque à nouveau la porte de Generali
Le calme apparent aura vite volé en éclats. Moins d’un mois après y avoir été élu, le magnat italien de la construction Francesco Gaetano Caltagirone a démissionné du conseil d’administration de Generali, a annoncé vendredi l’assureur. Ce départ, dont les raisons "n’ont pas été divulguées", ne surprend pas beaucoup. Il reflète le contexte difficile dans lequel travaille le nouveau conseil depuis l’assemblée générale du 28 avril, à l’issue de laquelle le Français Philippe Donnet avait été reconduit pour un troisième mandat à la tête du géant italien de l’assurance.
Deuxième actionnaire de Generali avec une participation de 9,95%, et épaulé par Leonardo Del Vecchio, le fondateur du fabricant de lunettes Luxottica, à la tête de 8% du capital, Francesco Gaetano Caltagirone n’avait pas ménagé ses efforts pour renverser la direction de l’entreprise en début d'année. Les frondeurs avaient même su rallier à leur cause la famille Benetton, détentrice de 4% du capital. Philippe Donnet avait, lui, pu compter sur le premier actionnaire de Generali, la banque Mediobanca, permettant à la liste présentée par le conseil d’administration sortant de l'emporter. Les dissidents étaient néanmoins parvenus à faire élire trois administrateurs sur les treize composant le conseil, l’ancienne présidente de Luxottica Marina Brogi et l’ancien président-directeur général de Telecom Italia Flavio Cattaneo accompagnant Francesco Gaetano Caltagirone.
La démission de ce dernier intervient après un premier coup de semonce intervenu le 12 mai, lorsque les trois administrateurs minoritaires avaient renoncé à faire partie des comités internes du conseil d’administration, dont le nombre venait de passer de six à cinq, après qu’il avait été décidé de supprimer le comité des opérations stratégiques. "Pour l'instant, le comité d'investissement n'a pas été créé", indiquait ainsi le compte rendu du conseil. Marina Brogi, Flavio Cattaneo et Francesco Gaetano Caltagirone ont expressément demandé la création d’un comité "pour l’évaluation préalable des opérations stratégiques" en réponse de quoi le conseil d'administration a chargé le comité de nomination et de gouvernance d'entreprise "d'élaborer une proposition en la matière".
En attendant, les administrateurs minoritaires n’apprécient guère de se voir retirer l’un des seuls moyens de pression à leur disposition. D’autant que Francesco Gaetano Caltagirone, administrateur de longue date de l’entreprise avant une première démission du conseil en janvier dernier (puis sa réélection fin avril), avait justement pour habitude d’être membre de nombreux comités dont celui pour les investissements et opérations stratégiques. Une décision sur son successeur au conseil ne devrait en tout cas pas tarder. "Le conseil d’administration sera convoqué dans les prochains jours pour toute décision ultérieure concernant son remplacement", a indiqué Generali.
De son côté, la Bourse s’interroge et se demande si elle ne devrait pas interpréter la démission de Francesco Gaetano Caltagirone comme le signe avant-coureur d’une vente de sa participation dans Generali. Le titre perdait 0,7% un peu en dessous de 17 euros lundi après-midi, après avoir déjà cédé 2% vendredi.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

