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Entreprises / Actions / Vantiva / Technicolor / Technicolor Creative Studios / Christian Roberton

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Vantiva / Technicolor / Technicolor Creative Studios / Christian Roberton

Technicolor se dédouble

L'introduction en Bourse de Technicolor Creative Studios (TCS) marque une étape majeure de l'histoire du spécialiste des effets visuels fondé en 1914. Désormais séparé des activités liées à la maison connectée et aux services DVD, le groupe va bénéficier d'une plus grande agilité sur ses marchés porteurs.
Technicolor s'est scindé en deux entités : Vantiva et TCS - Jean Claude MOSCHETTI/REA
Technicolor s'est scindé en deux entités : Vantiva et TCS - Jean Claude MOSCHETTI/REA

Certaines choses ne changent pas en apparence. Transformer une partie de sa dette en capital ou en obligations pour apurer sa situation financière n’est pas une recette inconnue de Technicolor, l’ex-Thomson Multimedia dirigé en son temps par Thierry Breton (de 1997 à 2002). Sauvée par deux fois de la faillite, en 2009 et 2020, l’entreprise vient de tourner une page importante de son histoire avec sa scission en deux sociétés cotées indépendantes, effective depuis mardi et l’introduction en Bourse de Technicolor Creative Studios (TCS). De premiers pas mouvementés pour ce nouveau "pure player" de la production audiovisuelle, soldés par une baisse de 4,5% le premier jour, après que le titre a perdu jusqu’à 26% en cours de séance, comparé à son prix initial qui avait été fixé à 1,9539 euro par action.

 

Top Gun

 

Ces débuts boursiers laborieux concernent pourtant la plus dynamique des deux entités de l’ancien Technicolor, pour laquelle le groupe vise un quasi-doublement de l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) sur les deux prochains exercices. Les prévisions annoncées font état d’un Ebitda compris entre 165 et 175 millions d’euros en 2022, et qui progresserait entre 185 et 205 millions d’euros en 2023, contre 141 millions d'euros en 2021. Réunissant les activités de production audiovisuelle de l’ancien Technicolor, TCS est le leader mondial des effets visuels spéciaux pour l’industrie des films et des séries. Ses clients sont les grands studios de cinéma et les studios indépendants, mais aussi les chaînes de télévision, les producteurs de contenus indépendants, les éditeurs de jeux vidéo, ainsi que les opérateurs de services de streaming produisant leurs propres contenus originaux. Parmi ses dernières contributions, TCS a notamment fourni les effets visuels de "Top Gun: Maverick", le "Roi Lion", "Transformers" ou de la série "House of the Dragon", dérivée de "Game of Thrones".

A côté de TCS, le reste du groupe est désormais rebaptisé Vantiva. Il se compose des activités liées à la maison connectée (box internet, décodeur vidéo, etc.) et au DVD (solutions de réplication, d'emballage et des solutions de chaîne d'approvisionnement), dans des proportions de respectivement 69% et 31% du chiffre d’affaires de l’an dernier. La société va tenter de préserver son Ebitda cette année et en 2023 et de renouer avec un free cash-flow positif. Tandis que la division Maison Connectée profite des marchés en croissance du haut débit et du streaming vidéo, la division Services DVD désormais connue sous le nom de Vantiva Supply Chain Services devrait affronter un déclin des volumes de disques au cours des cinq prochaines années, a prévenu le groupe, qui mise donc sur la diversification. Le fabricant de DVD compte notamment se muer en usine à vinyles avec l’implantation d’activités de production, d’emballage et de distribution de vinyle en Amérique du Nord puis en Europe et en Australie.

 

Double montage financier

 

Dans le cadre de cette scission historique de l’entreprise plus que centenaire, le volet du refinancement n’est pas le moins important. Le groupe, qui affichait avant l’opération une dette d’à peu près 1 milliard, a d’abord émis à la mi-septembre des obligations convertibles en actions nouvelles pour un montant de 292,5 millions d’euros, à la suite de quoi deux montages de financement pour Vantiva et TCS ont été finalisés. Compte tenu de la faiblesse de son profil financier auprès des agences de notation, Vantiva a seulement pu lever 375 millions d’euros auprès de Barclays et du fonds d’investissement Angelo Gordon. Mais le groupe, qui garde 35% des actions de TCS (tandis que 65% ont été distribuées aux actionnaires) pourra toujours céder sa participation au fil de l'eau en cas de besoin. De son côté, TCS a récupéré un fardeau de dette de 624 millions d’euros, et même 674 millions d'euros en ajoutant une facilité de crédit renouvelable de 40 millions. Un montant qui implique un effet de levier élevé de près de 5 fois, mais que le profil de croissance de l’entreprise est censé pouvoir supporter. "En tant que société indépendante, nous bénéficierons d'une plus grande flexibilité stratégique et financière pour étendre notre leadership et capitaliser sur des opportunités majeures d'un marché du contenu visuel en pleine croissance", a souligné Christian Roberton, le directeur général de TCS, à l’occasion de l’introduction de la filiale.

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