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Restructurations / Technicolor / créanciers
Bol d'air au goût amer pour les actionnaires de Technicolor
Après avoir fait adopter un plan de restructuration financière de la dernière chance le 3 juillet, Technicolor a franchi hier la dernière étape pour sa mise en oeuvre, qui devrait remettre le spécialiste de l'image et du son à flot, au prix toutefois d'un plan social visant la suppression de 110 postes. A l'occasion d'une assemblée générale extraordinaire, ses actionnaires ont eux aussi approuvé la totalité des résolutions portant sur le plan, alors que le groupe est sous procédure de sauvegarde accélérée depuis le 22 juin, après une procédure de conciliation avec ses créanciers le 2 juin.
Ce vote a permis la mise à disposition immédiate d'une première tranche de 240 millions d'euros, sur les 420 millions de nouveaux financements prévus : une tranche de 110 millions de dollars pour rembourser l'intégralité d'un crédit-relais mis en place par JPMorgan le 5 mars (et qui devait être remboursée au 31 juillet) et une autre de 140 millions d'euros pour les besoins de liquidité à court terme du groupe. Le solde sera apporté d'ici à la fin du mois d'août, à condition bien évidemment que le plan de sauvegarde soit approuvé par le tribunal de commerce de Paris. Sont également prévus une augmentation de capital de 330 millions d'euros souscrite par les actionnaires actuels, ainsi qu'une conversion partielle des 1,6 milliard d'euros de dette existante de Technicolor - jusqu'à 660 millions d'euros, pour une capitalisation boursière actuelle de 42 petits millions d'euros.
Les déboires se sont enchaînés pour Technicolor : avant le plan actuel, la société avait annoncé une première augmentation de capital le 19 février, avant d'y renoncer en raison de la crise sanitaire, qui a fait chuter son chiffre d'affaires de 13% au premier trimestre. Ses péripéties sont un exemple parmi d'autres de la déchéance d'un ancien fleuron technologique français. Un destin d'autant plus dommageable que l'entreprise compte l'Etat à son capital, au travers de Bpifrance, actionnaire à hauteur de 7,5% - et qui n'a pas pu, ou pas su, empêcher le déclin de Technicolor, à l'image par exemple d'un autre naufrage polémique, Sequana/Antalis. Ou alors faut-il remettre en cause son choix des dossiers, alors que la banque publique martèle depuis sa création qu'elle n'a pas été créée pour soutenir les "canards boîteux".
Car la restructuration financière implique l'acceptation d'une entrée en force des créanciers au capital de Technicolor et une dilution massive des actionnaires qui ne souscriraient pas à l'augmentation de capital. Il s'agit malgré tout d'une porte de sortie pour le groupe, dont l'action a perdu… 85% de sa valeur depuis le début de l'année : son titre s'est du coup envolé de 9,7% hier, à 2,76 euros.
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