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Entreprises / Actions / Orpea / créanciers / CDC / Caisse des dépots / restructuration financière

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Orpea / créanciers / CDC / Caisse des dépots / restructuration financière

Journées capitales pour la restructuration financière d’Orpea / La valeur de l’entreprise est définitivement négative

Les créanciers et actionnaires d'Orpea ont voté à distance sur le plan de restructuration financière du groupe de maisons de retraite. Les réunions en présentiel et le décompte des votes auront lieu mercredi. La mise en œuvre du plan de restructuration a de toutes façons peu de chance d’être entravée s’agissant d’une entreprise dont la valeur est négative, comme l’ont confirmé deux nouveaux rapports d’expertise.
Les derniers votes sur le plan de restructuration financière d'Orpea auront lieu mercredi - Photo by Myriam Tirler / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Les derniers votes sur le plan de restructuration financière d'Orpea auront lieu mercredi - Photo by Myriam Tirler / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Deux journées clés pour l’avenir d’Orpea. Initialement prévue pour s’achever mi-juin, la période de vote à distance pour les "classes de parties affectées", s’est terminée ce mardi 27 juin. Maître Hélène Bourbouloux et Maître Thibaut Martinat, les administrateurs judiciaires à la procédure de sauvegarde accélérée, avaient en effet décidé de la proroger de deux semaines.

Les créanciers dont le sort est affecté par le plan de restructuration financière du groupe de maisons de retraite avaient ainsi jusqu’à ce midi pour voter à distance, et la classe des actionnaires jusqu’à 15 heures. Il reste une étape : les réunions en présentiel prévues demain, mercredi 28 juin, à la suite de quoi les votes seront décomptés sous le contrôle d’un commissaire de justice qui en établira le rapport. Les créanciers, les actionnaires et toutes les parties prenantes connaîtront ainsi leur sort.

A cet égard, les derniers rapports d’expertise sur la valorisation de l’entreprise ne laissent de toute façon pas beaucoup de place au doute, quelle que soit l’issue des votes. Deux rapports de valorisation dans la perspective de la mise en œuvre de la restructuration financière d’Orpea ont été dernièrement établis par le cabinet Ledouble. L’un portant sur la valorisation du groupe Orpea en continuité d’exploitation. L’autre prenant pour hypothèse une situation liquidative comprenant un scénario de réalisation des actifs pris isolément et un scénario de cession de l’ensemble des actifs d’Orpea à un repreneur.

Le premier conduit l’expert indépendant à privilégier une fourchette de valeurs comprises entre 6 milliards d’euros et 7 milliards d’euros. Le second fournit une "meilleure estimation" de la valeur liquidative - dans un scénario où le plan de sauvegarde accéléré ne serait pas adopté impliquant une cession rapide des actifs du groupe et une décote par rapport aux prix de marché - comprise entre 2,6 milliards d’euros et 3,7 milliards d’euros. Dans les deux cas des montants très inférieurs à la dette de 9,7 milliards d’euros de l’entreprise et ses filiales au 31 décembre 2022, dont 7,4 milliards d'euros de dette pour la seule maison mère. 

Ce qui, comme l’a justement rappelé la société, signifie que "la valeur économique actuelle des capitaux propres est négative". Cela rejoint d’ailleurs les conclusions d’un précédent audit réalisé en mai dernier par un autre expert indépendant, le cabinet Sorgem Evaluation, qui avait déjà abouti à une valeur d’entreprise "largement inférieure au montant de la dette financière du groupe". Et corrobore aussi ce que le directeur général de la Caisse des Dépôts (CDC), Eric Lombard, avait expliqué devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale pour répondre aux polémiques sur la valeur d’Orpea.

De ce fait, si jamais certaines parties affectées venaient à exprimer leur désaccord, le tribunal serait très probablement en mesure d’imposer le plan de restructuration et de déclencher le mécanisme d'application forcée interclasse, l’une des conditions étant que le plan satisfasse le critère du meilleur intérêt des créanciers, ce qui est bien le cas si l’entreprise ne vaut rien.

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