WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Orpea / laurent guillot / sauvegarde / Concert’O / Dette / restructuration financière / conciliation

Entreprises / Actions
Orpea / laurent guillot / sauvegarde / Concert’O / Dette / restructuration financière / conciliation

La restructuration financière d’Orpea attise la nervosité / Le compte à rebours est bientôt écoulé

L’action Orpea fait les montagnes russes pendant que les dirigeants d’Orpea négocient la conversion de la dette gigantesque du groupe en capital. L’épée de Damoclès de la dilution massive des minoritaires pourrait s’abattre bientôt, à moins que l'absence d'accord ne conduise vers une procédure de sauvegarde, ou que l’Etat ne vienne à la rescousse de l’entreprise via la CDC.
Laurent Guillot, le directeur général du groupe Orpea - Eric TSCHAEN/REA
Laurent Guillot, le directeur général du groupe Orpea - Eric TSCHAEN/REA

Le dénouement approche pour Orpea, ses actionnaires et ses créanciers. Celui de sa restructuration financière rendue nécessaire pour renflouer une dette (brute) de 9,5 milliards d’euros, dont 1,5 milliard d’euros exigibles avant la fin de cette nouvelle année. Les négociations engagées entre le gestionnaire d’Ehpad privés et ses prêteurs financiers avec des investisseurs tiers dans le cadre de la procédure amiable ouverte par le Tribunal de Commerce doivent s’achever d’ici la fin du mois. Une proximité d’échéance propre à une certaine agitation, boursière notamment.

Retombée sous les 6 euros à la fin de l’année dernière, quasiment au plus bas depuis son introduction en Bourse il y a vingt et un ans, après s’être effondrée de 93% en 2022 sous l’effet de l’énorme scandale provoqué par le livre choc "Les fossoyeurs", l’action Orpea a connu une brusque embellie au démarrage de 2023, remontant brièvement au-dessus des 8 euros. Un regain d’intérêt lié à une rumeur du journal Les Echos selon lesquelles la Caisse des Dépôts (CDC) et ses co-investisseurs institutionnels seraient prêts à financer au moins la majeure partie du financement de 1,5 milliard d'euros dont Orpea a besoin. Ce qui a brièvement pu faire espérer que la conversion de la dette en capital pourrait être moindre que prévu, de même que la dilution des actionnaires minoritaires.

 

Restructuration "drastique" ou "inique" ?

 

Un espoir auquel la direction d’Orpea a mis fin rapidement, en rappelant jeudi dans un communiqué que le groupe s’était "engagé dans la négociation d’une restructuration financière drastique impliquant une capitalisation de 3,8 milliards d'euros de dettes non sécurisées et une augmentation de capital comprise entre 1,3 et 1,5 milliards d'euros pour financer son plan de Refondation et atteindre une structure financière soutenable".

La société en a profité pour rappeler que la mise en œuvre de ces opérations de refinancement entraînerait "une dilution massive pour les actionnaires existants qui décideraient de ne pas y participer". Logique lorsque l’on envisage une double augmentation de capital d’au moins 5 milliards d’euros pour une capitalisation de l’entreprise devenue plus de dix fois moindre. L’action Orpea a d’ailleurs rechuté de 17,5% jeudi à la suite de cette annonce. D’où la colère compréhensible de certains actionnaires minoritaires qui cherchent encore à éviter cette énorme dilution si c’est encore possible.

En particulier, Concert’O, le concert d’actionnaires formé par le groupe familial Mat Immo Beaune (ancien actionnaire de référence du groupe de maisons de retraite Les Opalines) et le groupe Nextstone, spécialisé dans l’investissement non-côté et l’immobilier en France, a fustigé cette façon de se "saborder en place publique",  jugeant "inacceptable de publier un communiqué de presse pour effrayer ses investisseurs en mettant en avant un plan de restructuration inique ".

Il est vrai que plus la valeur boursière d’Orpea chute et plus ils seront dilués si le plan de restructuration financière vient à être exécuté. Concert’O a demandé jeudi que " tout apport en capital soit proposé aux actionnaires de manière prioritaire avant toute éventuelle dilution par conversion de la dette". 

 

Le spectre de la sauvegarde

 

Interrogé par WanSquare, Orpea ne commente ni la position de Concerto’O, ni les rumeurs sur la CDC. De son côté, la CDC renvoie à ce qu’elle avait déjà expliqué mi-novembre. Elle ne se positionnera véritablement sur le dossier en vue d’une éventuelle entrée au capital ou dans la gouvernance qu’une fois remplies deux conditions. D’une part, le changement des pratiques vis-à-vis des patients, en termes d’éthique, afin de tourner le dos à la gestion passée qui a entraîné le scandale. Et d’autre part l’assainissement du bilan financier.

La nouvelle direction menée par Laurent Guillot a certainement progressé sur le premier point, avec son plan de refondation présenté il y a deux mois, tandis que le second point reste en suspens. Le groupe a indiqué jeudi que les discussions avec ses créanciers étaient "toujours en cours", "sans pouvoir donner de garantie sur leur issue". Ce qui n'est pas surprenant alors que, comme le confie une source à WanSquare, "les prêteurs non sécurisés restent totalement divisés". Faute d’accord, la société se dirigerait vers une procédure de sauvegarde. Sans doute une sauvegarde dite "financière accélérée" dans la mesure où une procédure de conciliation est déjà ouverte.

A moins que la CDC se positionne malgré tout, prenant la moitié du capital et le contrôle du conseil d’administration comme l’a indiqué la rumeur, tout en obtenant une dérogation à l’obligation de lancer une OPA. Soit une nationalisation qui ne dirait pas son nom, ce qui soulèverait d’autres questions.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article