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Orpea / laurent guillot / maisons de retraite / Ehpad / depréciations

Orpea annonce plus de 5 milliards d’euros de dépréciations / La société vaut moins de 400 millions d’euros en Bourse

Les comptes du gérant d’Ehpad le plus connu de France depuis le livre-scandale « Les Fossoyeurs » vont de Charybde en Scylla. Le groupe va plus que doubler ses dépréciations d’actifs, désormais attendues entre 5 milliards et 5,4 milliards d’euros, tandis que le calendrier de sa lourde restructuration financière se rapproche.
Laurent Guillot, directeur général du groupe Orpea - Eric TSCHAEN/REA
Laurent Guillot, directeur général du groupe Orpea - Eric TSCHAEN/REA

Le pire n’est jamais certain, mais les actionnaires d’Orpea ne cessent d’apprendre à leur dépens qu’il peut se produire souvent. Le groupe de maisons de retraite vient de relever drastiquement ses prévisions de dépréciations d'actifs pour l’année qui s’achève. L’entreprise que dirige depuis quelques mois Laurent Guillot, arrivé en juillet pour redresser et transformer un groupe secoué par les scandales de maltraitance et étranglé par une lourde dette, chiffre désormais lesdites dépréciations entre 5 et 5,4 milliards d’euros avant impôts. Soit plus du double de la fourchette entre 2,1 et 2,5 milliards d’euros qu’elle avait annoncée fin octobre.

Comment les calculs peuvent-ils autant varier en seulement quelques semaines ? A sa décharge, la nouvelle direction fait progressivement la lumière sur les pratiques douteuses de l’équipe précédente. Le groupe vient d’ailleurs de porter une nouvelle plainte à l’encontre de l’ancien directeur général, Yves Le Masne, "visant des faits susceptibles de caractériser des infractions d’abus des biens ou du crédit de la société, d’abus de confiance, complicité, recel ou blanchiment".

 

Un patrimoine de 6 milliards d’euros

 

Outre les nombreuses infractions de son prédécesseur, la présentation mi-novembre de son plan de refondation de l’entreprise avait donné l’occasion à Laurent Guillot d’expliquer en quoi la gestion passée était totalement dysfonctionnelle. En particulier concernant le patrimoine immobilier et sa valorisation. "L’entreprise n'avait pas d'inventaire de son immobilier et, parfois, même pas la documentation prouvant la propriété", avait-il indiqué.

C’est à la réalisation de cet inventaire que la nouvelle équipe aux commandes s'est attelée depuis plusieurs mois, donnant cette impression de découverte progressive du pot aux roses. Ainsi, les dépréciations supplémentaires concernent principalement la valeur des actifs immobilier non expertisés en externe, amputée de 0,9 à 1 milliard d’euros afin "d'éliminer des non-valeurs liées à des actifs sortis de l'exploitation et à refléter aussi fidèlement que possible la valeur des actifs en exploitation en se basant au maximum sur des références de marché", explique Orpea. Pour les actifs immobiliers faisant l'objet d’une expertise annuelle indépendante, la prise en compte des taux de rendement immobilier plus élevés conduit à des dépréciations additionnelles de l'ordre de 300 millions d’euros et atteignant un total de 1,1 milliard d’euros.

La valeur totale de l'ensemble du patrimoine immobilier d'Orpea anticipée au 31 décembre 2022 tombe ainsi entre 6 ou 6,1 milliards d’euros, à comparer à l’évaluation de 8,4 milliards d’euros qui avait été faite au 31 décembre de l’année dernière.

 

Rendez-vous pris pour janvier 2023

 

Le fort alourdissement des dépréciations vient souligner, si besoin était, l’impératif pour la société d’assainir sa situation financière. Ce pourquoi le groupe mène des discussions avec ses créanciers financiers et avec des investisseurs tiers dans le cadre de la procédure amiable de conciliation ouverte par le Tribunal de Commerce spécialisé de Nanterre le 25 octobre dernier. Une réunion avec les créanciers non garantis d’Orpea se tenait d’ailleurs ce jeudi. Pour la suite, le groupe attend "courant janvier 2023" des offres fermes sur une levée de nouvelles dettes garanties et dans le cadre du processus de levée de capitaux propres.

Ces dernières annonces risquent d'affaiblir la position des actionnaires contestant le schéma de la restructuration financière. Le groupe familial Mat Immo Beaune et le groupe Nextstone, rassemblés dans le concert d’actionnaires Concert’O, détenant 5% du capital, préféreraient que la conversion en capital des créances non sécurisées ne soit envisagée qu'en cas d’échec du plan de cession d'actifs. Au contraire, le groupe fait de l’assainissement de sa situation financière un préalable à la mise en œuvre du programme de cessions immobilières.

Ce plan est, il est vrai, massivement dilutif pour les actionnaires du fait qu’il repose sur une double augmentation de capital d'au moins 5 milliards d'euros, d’un montant plus de douze fois supérieur à la capitalisation boursière de l’entreprise. Un écart qui continue de s’accroître. L’action Orpea perdait 3,7% à 5,9 euros jeudi après-midi, à un nouveau plus bas depuis juillet 2003, ramenant la valorisation de l’entreprise à moins de 400 millions d’euros.

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