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Evenements / Orpea / procédure de conciliation / Ehpad / dette financière / restructuration

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Orpea / procédure de conciliation / Ehpad / dette financière / restructuration

Nouvelle protection judiciaire pour Orpea / Le groupe d’Ehpad va tenter de renégocier sa dette

Très endetté et s’estimant incapable de tenir les délais, le groupe, dont la réputation a déjà fortement été ternie par le scandale du livre « Les Fossoyeurs », a décidé d’entrer, pour la seconde fois cette année, en procédure amiable de conciliation. 
Siege social d'Orpea (©Laurent GRANDGUILLOT/REA)
Siege social d'Orpea (©Laurent GRANDGUILLOT/REA)

Les investisseurs ont été surpris, lundi matin, d’apprendre que l’Autorité des marchés financiers (AMF) avait décidé de suspendre la cotation des actions Orpea. Ils ont en partie compris pourquoi ce mercredi matin. Le groupe a en effet annoncé l’ouverture d’une procédure amiable de conciliation auprès du président du tribunal de commerce de Nanterre, la seconde fois en moins de six mois. A noter également que cette procédure n’aura, selon le groupe, "aucune incidence sur les opérations, les salariés, les patients, es résidentes et leur famille et n’impliquera pas les créanciers opérationnels (fournisseurs)".

Son objectif : permettre au groupe d’Ehpad de renégocier sa dette avec ses créanciers financiers, y compris ses covenants contenus dans de nombreuses lignes de financement et qui risquent de ne pas être respectés au 31 décembre prochain.

 

Une dette de près de 10 milliards d'euros

 

Rappelons que le montant de la dette brute s’établissait au 30 septembre dernier à 9,5 milliards d’euros, pour une trésorerie de 854 millions d’euros. La dette soumise à des covenants s’affiche quant à elle à 3,3 milliards d’euros. Un constat alarmant que le groupe impute entièrement à l’ancienne direction. "Les malversations et les manquements éthiques, conjugués au développement immobilier et international excessif engagé par les précédents dirigeants ont fortement affecté la situation financière d’Orpea ", a tenu à déclarer le directeur général, Laurent Guillot.

Par ailleurs, depuis la sortie du livre scandale "Les Fossoyeurs", en janvier dernier, l’entreprise est à la peine. Les résultats définitifs du premier semestre ont montré une perte nette de 269 millions d’euros, largement due à des dépréciations d’actifs de 186 millions d’euros, tandis que la marge d’excédent brut d’exploitation est tombée à 18,1% (contre 24,1% un an plus tôt). Le second semestre ne s’annonce pas non sous les meilleurs auspices, le groupe anticipant aujourd’hui " des dépréciations d’actifs au 31 décembre prochain estimées, à date, entre 2,1 et 2,5 milliards d’euros avant impôts ", a indiqué Orpea dans un communiqué.

 

Des cessions immobilières insuffisantes

 

De plus, alors que le plan de financement validé en mai dernier prévoyait la réalisation de cessions immobilières (d’un montant cumulé en valeur brute d’un milliard d’euros au 31 décembre 2023), seule une opération portant sur des actifs aux Pays-Bas a été annoncée en juillet dernier pour la somme de 126 millions d’euros (avec un premier encaissement de 94 millions d’euros en septembre). "Le contexte récent et l’attentisme qu’il induit sur le marché des transactions immobilières compromettent la poursuite de ce programme de cessions d’actifs dans les délais impartis et impactent nécessairement les conditions de liquidité de tels actifs", a précisé le groupe.

L’étape par la case juridique est donc jugée indispensable par le groupe d’Ehpad avant la présentation de son plan de transformation, prévue le 15 novembre prochain. "Afin de garantir la mise en œuvre du plan de transformation (…) , cette procédure nous permet d’encadrer au mieux les discussions avec nos créanciers financiers dans le cadre d’une restructuration de notre endettement financier et de l’obtention de nouveaux moyens financiers, tout en assurance le fonctionnement normal de l’entreprise", a déclaré Laurent Guillot, le directeur général du groupe.

 

De nouveaux investisseurs espérés

 

Parmi les possibilités de restructuration envisagées figurent la conversion en capital de porteurs de dette obligataire à hauteur de 4,3 milliards d’euros, ainsi que la levée à nouveau d’argent en dette et en capital auprès de nouveaux investisseurs. Le montant de ses besoins en fonds propres n’ayant pas été précisé.

En attendant, la cotation a donc repris ce mercredi à l’ouverture des marchés.  Après avoir dévissé de 45% dans les premiers échanges, le titre était toujours en baisse de près de 36% à midi à 9,45 euros. Le cours de Bourse était lundi dernier de 14,74 euros.

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