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Evenements / Medef / Election présidence

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Medef / Election présidence

Patrick Martin et Dominique Carlac’h ont passé leur grand oral / Un face à face à distance pour les deux prétendants à la présidence du Medef

Les deux derniers candidats en lice à la présidence du Medef ont un certain nombre de points commun, notamment dans leur programme et dans leur volonté de rassembler afin de faire entendre la voix d’un Medef uni et renforcé par les propositions de ses fédérations face des pouvoirs publics français et européens qu’ils jugent parfois trop déconnectés de la réalité de terrain. Cependant, Dominique Carlac’h et Patrick Martin ont tenté de faire valoir leurs différences lors de leur audition respective devant les grands électeurs de l’organisation patronale.
Patrick Martin et Dominique Carlac'h (©Joel Saget/AFP)
Patrick Martin et Dominique Carlac'h (©Joel Saget/AFP)

Dernière ligne droite. Les deux candidats restants à la présidence du Medef ont passé ce mardi matin leur (très attendu) "grand oral" devant l’assemblée générale de l’organisation patronale et les grands électeurs de l'organisation. Des auditions minutées (45 minutes par candidat) et organisées de manière à ce que les deux prétendants au titre ne soient jamais en confrontation directe devant l’auditoire présent à la Cinémathèque française à Paris. "Le but n’est pas d’organiser un débat ", explique-t-on dans les équipes du mouvement. Même devant les journalistes, chacun est venu tour à tour répondre aux questions.

 

Des nouveaux soutiens de poids pour Dominique Carlac’h

 

Ainsi, Dominique Carlac’h, ayant gagné le tirage au sort, a démarré la séance des auditions. "Je suis hyper contente d’être là parce que j’ai des choses à vous dire", a-t-elle lancé en introduction à la salle. D’emblée, la porte-parole et vice-présidente du Medef a prévenu son auditoire. "Vous avez le choix entre deux lignes claires : soit un Medef de continuité (symbolisé selon elle par Patrick Martin, ndlr), soit un Medef d’avenir et de modernité", qu’elle entend incarner. Après être brièvement revenue sur son parcours, Dominique Carlac’h a affiché sa confiance : "Je suis déterminée. Je sens que j’ai créé une véritable dynamique ", a affirmé la présidente de l’entreprise de conseil en ingénierie D & C Consultants, prenant pour preuve les très importants soutiens recueillis la veille au soir, ceux des patrons de Renault, Jean-Dominique Sénard et d’Orange, Christel Heydemann.

De quoi permettre à la femme de 54 ans de relancer le match d’une élection que beaucoup d’observateurs estiment "jouer d’avance". D’autant que ce mercredi matin, l’ancienne championne d’athlétisme a également annoncé le soutien de la très puissante agence de communication et de conseil, Publicis, dirigée par Arthur Sadoun. "Je reçois ces soutiens comme un signe de confiance", a-t-elle confié.

 

Faire du "en plus"

 

S’agissant de son programme, qu’elle a officiellement présenté la semaine dernière et qu’elle avait dévoilé en avril à WanSquare, Dominique Carlac’h ne s’est pas étendue sur son bilan au sein de l’équipe de Geoffroy Roux de Bézieux depuis 2018. Elle a au contraire voulu montrer qu’elle était tournée vers l’avenir. Sa méthode ? " Je ne veux pas faire du ‘en même temps’. Je veux faire du ‘en plus’ ", a-t-elle affirmé.

Selon elle, le fonctionnement du Medef est à revoir pour favoriser "une horizontalité" entre les fédérations et l’organisation nationale. "Les fédérations ont un besoin de reconnaissance et ne sont pas des filiales du Medef. Toute proposition du Medef doit faire l’objet d’une consultation car le terrain commande", a martelé Dominique Carlac’h qui souhaite aussi travailler avec des think tank, des associations, créer une task force pour aider le mouvement à produire des idées notamment sur le thème de la "souveraineté compétitive", de la décarbonation, du numérique, de l’organisation du travail, etc. Le but : être force de propositions auprès des pouvoirs publics à Paris comme à Bruxelles et répondre aux attentes de la société. "Face aux défis qui nous attendent, l’Etat ne peut pas grand-chose. Je serai la présidente qui fera progresser le compte d’exploitation des entreprises. Je serai la capitaine de l’équipe de France économique" a-t-elle conclu.

 

La cordée solide de Patrick Martin

 

Un esprit collectif que Patrick Martin a également complètement assumé au moment de défendre à son tour sa candidature. Une audition qu’il a souhaitée radicalement différente de celle de Dominique Carlac'h sur la forme. Alors qu'elle s’exprimait à un pupitre, l’actuel vice-président délégué avait choisi pour sa part le micro "Madonna", sans utiliser de notes, pour mieux profiter de l’espace offert par la scène.

Praticien des sports de haute montagne, Patrick Martin voit en sa candidature des similitudes avec l’alpinisme. "Cela demande de la préparation, de la technicité, la capacité à surmonter les éléments et à avoir une cordée solidaire, soudée et cohérente", a expliqué celui qui a depuis longtemps engrangé un grand nombre de soutiens de poids tels que celui de Marie-Christine Oglhy, présidente mondiale des Femmes Chefs d’entreprises, de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) ou encore de la Fédération française du bâtiment (FFB).

 

Fier du travail accompli

 

Et à l’inverse de son adversaire, le dirigeant du groupe Martin Belaysoud Expansion n’a pas hésité à revenir longuement sur son bilan au sein du Medef. "Je suis un entrepreneur et un militant patronal passionné", a déclaré l’ancien président de la fédération Auvergne-Rhône-Alpes du Alpes composée de 12 départements et 30 branches. "Autant dire que je suis rompu à l’exercice du collectif ", a-t-il assuré. Loin de vouloir se désolidariser de l’action de Geoffroy Roux de Bézieux, il assume au contraire parfaitement l’action menée au cours de cinq dernières années. "Depuis 2018, 16 fédérations nous ont rejoints. Nous avons réussi à maintenir la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés et à obtenir un assouplissement du droit social. Au plus fort de la crise sanitaire, nous avons par ailleurs initié les discussions sur le fonds de solidarité et le prêt garanti par l’Etat. Nous avons également beaucoup soutenu le crédit inter-entreprises ", a détaillé Patrick Martin.

Fort de cette expérience, il souhaite donc, s’il est élu, faire du mouvement patronal une organisation encore plus ambitieuse. "Le panorama politique est aujourd’hui fracturé. Cela nous offre une formidable opportunité de nous réaffirmer et d'être omniprésent dans le débat des idées ", a-t-il assuré. Comme il l’annonçait lui aussi, la semaine dernière, à WanSquare, ses priorités sont déjà établies : accélérer la réforme des lycées professionnels, poursuivre la baisse des impôts de production (-20 milliards d’euros à la fin de son mandat en 2028) et faire cesser " le délire normatif ", en pesant en "amont et en aval de l’élaboration de la loi à Paris comme à Bruxelles ". Le verdict des urnes est attendu pour le 6 juillet prochain.

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