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Geoffroy Roux de Bézieux sera-t-il un président sans nation ?

Le nouveau patron du Medef a promis durant la campagne de moderniser le patronat. Néanmoins, les chantiers à mener sont de taille pour arriver à redonner de la consistance à l’organisation.
Siège du MEDEF
Siège du MEDEF

C’est donc Geoffroy Roux de Bézieux qui a été élu aujourd’hui à la tête du Medef, avec 55,8% des voix. Le successeur de Pierre Gattaz a pour lui sa réputation d’entrepreneur. Très bon connaisseur du système actuel, c’est lui qui aura à charge d’arriver à le faire perdurer. Mais pour ce faire, il va devoir se départir des mécanismes qui ont déjà trop vécu et réformer en profondeur son institution. Car, à quoi bon avoir consacré autant d’énergie pour prendre la présidence d’une organisation, si celle-ci est vouée à se vider de sa substance ?

Parmi les thèmes que devront aborder le nouveau dirigeant : le paritarisme. Un système à bout de souffle qui fait du patronat et des syndicats les décideurs de fait d’organismes sociaux (retraite, chômage, formation…), sans en être les responsables. Ce qui a conduit ces organisations à accumuler des pertes massives et à afficher des dettes insupportables dont l’Etat est par ailleurs le seul garant. Ce mécanisme n’a pas les faveurs d’Emmanuel Macron. Dans le cadre de la réforme de la formation et de l’assurance-chômage justement, actuellement en discussions au Parlement, la portée du paritarisme se trouve limitée.

« Le paritarisme, s’il n’est pas déjà mort, il est à l’agonie », avait d’ailleurs déclaré en mars Geoffroy Roux de Bézieux lorsque le sujet avait été abordé avec les autres candidats. « Les dernières négociations ont démontré que l’Etat ne tenait plus compte de ce que pensaient les partenaires sociaux (…) Donc, la seule solution, c’est de réinventer le système. » L’entrepreneur avait alors précisé qu’il croyait en un dialogue avec les syndicats au niveau national, mais à un dialogue réduit.

Outre ce volet, les patrons de petites et moyennes entreprises ont le sentiment que le Medef est loin de leurs préoccupations. Malgré son ancrage territorial important et le fait que plus de 95% des entreprises adhérentes au patronat soient des PME, l’organisation donne l’impression d’être le porte-voix des grandes sociétés, voire seulement du SBF 120. La nécessité d’incarner les entreprises d’aujourd’hui et de demain et être force de proposition est d’autant plus importante que la Macronie a apporté avec elle sa dose de chef d’entreprises chez les législateurs et que le Président est lui-même convaincu de l’utilité des entrepreneurs. Le Medef, s’il ne veut pas être dépassé, doit au moins arriver à montrer qu’il a sa place dans cet échiquier.

Quelles pourraient être les solutions ? Peut-être un rapprochement avec des organisations complémentaires et qui pèsent. L’Afep serait un bon partenaire. L’association française des entreprises privées - avec laquelle le Medef travaille notamment sur la gouvernance des sociétés - a pour elle un très bon ancrage ministériel et se montre efficace quand il s’agit de faire du lobbying. La CPME est également un organisme à ne pas négliger. Moins touchée par le système paritaire, la Confédération des petites et moyennes entreprises connaît bien les sujets de ses adhérents. Et Geoffroy Roux de Bézieux a obtenu aujourd’hui une certaine légitimité pour lancer les chantiers.

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