Politique économique / Medef / Geoffroy Roux de Bézieux / Nicolas Sarkozy
Politique économique
Medef / Geoffroy Roux de Bézieux / Nicolas Sarkozy
Les patrons français abordent la rentrée de manière constructive
L’université d’été du Medef qui se tenait chaque année sur le campus d’HEC depuis une vingtaine d’années change radicalement cette année. Le lieu est différent et plus facilement accessible avec l’Hippodrome de Longchamp. Les inscriptions sont payantes. Ce qui n’a aucun impact sur le nombre de patrons qui ont réservé leur fauteuil. Et Geoffroy Roux de Bézieux a tenu à ce que les débats soient centrés sur la préoccupation du moment : comment le capitalisme doit-il évoluer pour participer à la protection de la planète, à la prospérité de tous et à un monde beaucoup moins inégalitaire.
De très nombreux membres du gouvernement vont participer à ces débats. Et le Medef reçoit des appels depuis quelques jours de ministres qui n’avaient pas répondu, mais qui confirment leur présence. Il faut dire que Nicolas Sarkozy risque de leur faire de l’ombre avec une conférence d’une heure jeudi prochain en fin de matinée où il échangera sur les évolutions du monde avec des jeunes chefs d’entreprise. Au sein de l’organisation patronale, on s’attend à ce que cette séquence soit très suivie.
Mais le plus important sera le ton donné dès l’ouverture par Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, dans son discours d’accueil. À la différence des années Gattaz, il s’agira d’un discours constructif et non larmoyant où le patron des patrons n’hésitera pas à se féliciter de réformes réalisées, comme sur l’assurance-chômage – en dépit du bonus-malus sur les contrats courts – ou des réformes annoncées, notamment celle des retraites. Tout en marquant une grande vigilance sur les détails de cette réforme et la fin des régimes spéciaux.
Comme à l’occasion de la crise des "gilets jaunes", le Medef veut prendre sa part de responsabilité dans les préoccupations actuelles des Français. C’est pourquoi une grande part des débats seront consacrés aux inégalités, et aux moyens utilisés pour le réduire. Mais tout cela n’empêchera pas Geoffroy Roux de Bézieux de marteler les deux préoccupations majeures des entrepreneurs : la baisse de la dépense publique qui sera encore oubliée dans le prochain projet de loi de finances, et les taxes à la production qui pénalisent les industriels français. Même s’il ne manquera pas de saluer l’annonce d’une baisse de 33 à 31 % de l’impôt sur les sociétés.
Il restera ensuite à voir si le gouvernement sera aussi constructif avec les entrepreneurs que ceux-ci entendent l’être afin d’accompagner les réformes prévues. Mais cela est une autre histoire !
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