Evenements / Lagardère / Arnaud Lagardère / Nicolas Sarkozy / Xavier de Sarrau
Evenements
Lagardère / Arnaud Lagardère / Nicolas Sarkozy / Xavier de Sarrau
Que va donc faire Sarkozy dans la galère Lagardère ?
Selon les informations dévoilées ce matin par la Lettre de l’Expansion, Arnaud Lagardère a sollicité Nicolas Sarkozy au mois de janvier afin qu’il devienne membre du conseil de surveillance du groupe Lagardère. Et après quelques jours de réflexion, l’ancien Chef de l’État, qui est déjà administrateur du groupe Accor que préside son ami Sébastien Bazin, et du Groupe Barrière, que dirige son ami Dominique Desseigne, il n’était pas possible de refuser cette proposition formulée par celui qu’il surnomme son "frère" : Arnaud Lagardère.
On comprend bien pourquoi le seul fils de Jean-Luc Lagardère demande son soutien à l’ancien Président de la République. Primo, le capital du groupe est grignoté par des fonds activistes, dont notamment le britannique Amber Capital, qui est récemment devenu le deuxième actionnaire derrière le Qatar (également actionnaire d’Accor). Secundo, l’action Lagardère enfonce tous les jours des plus bas. Si bien que le groupe vaut quatre à cinq fois moins aujourd’hui que lorsqu’il était dirigé par Jean-Luc Lagardère avec comme bras droit Philippe Camus. Tertio, actuellement Arnaud Lagardère est encore protégé par le statut de la commandite en actions qui est celle du groupe. Mais Amber Capital et d’autres investisseurs veulent mettre fin à ce statut juridique qui découple la détention du capital et l’exercice du pouvoir par les seuls gérants. Quarto : Arnaud Lagardère s’est beaucoup endetté à titre personnel afin de détenir 7,3% du capital. Mais compte tenu de la baisse du cours de Bourse, ses actifs personnels pourraient être aujourd’hui inférieurs à son passif. Ce qui est embêtant pour un gérant, indéfiniment responsable sur ses biens propres.
La présence de Nicolas Sarkozy au conseil de surveillance, voire peut-être en tant que président du conseil de surveillance (poste qui était assumé jusqu’en décembre dernier par l’avocat Xavier de Sarrau, discret ami de l’ancien Chef de l’État) constitue pour Arnaud Lagardère une forme de rempart contre toutes les agressions qu’il subit et qui déstabilisent son groupe.
Il reste que Lagardère n’est pas Accor. Et là où Nicolas Sarkozy peut apporter une précieuse expertise géopolitique à un groupe hôtelier présent partout dans le monde, il va lui falloir défendre un très mauvais bilan chez Lagardère qui n’est pas le sien. Et surtout de mauvais esprits vont inévitablement faire le rapprochement entre sa présence au conseil de surveillance et les trois médias encore détenus par Lagardère : Paris Match, Le Journal du Dimanche et Europe 1. Par ailleurs sur le plan de la bonne gouvernance, il s’agit d’une nomination qui n’émane pas du comité des nominations, mais d’un ami… Bref il faut craindre que dans "cette galère", Nicolas Sarkozy n’ait que des coups à prendre. Alors qu’il s’est retiré sur l'Aventin, écrit le deuxième tome de ses mémoires, et retrouve une image de "Père de la Nation" en cette période de fortes turbulences.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

