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BNP Paribas conforte ses objectifs / De meilleurs résultats trimestriels qu’il n’y paraît
Les publications des résultats du troisième trimestre des banques européennes sont décidément placées sous le signe de la volatilité. Entre la chute de 6% de Barclays, l’envolée de 8% de Deutsche Bank et le plongeon de 11% de Standard Chartered, les actionnaires de BNP Paribas, qui ont vu leur action céder 2,6% jeudi, à 54,7 euros, ne sont pas les plus mal lotis.
La première banque de la zone euro a publié des résultats qui peuvent être qualifiés de solides pour les trois mois de juillet à septembre. Le bénéfice net de 2,66 milliards d'euros a reculé de 4%, mais il s’inscrit en ligne avec le consensus. Tandis que le produit net bancaire mesurant les revenus dégagés, a lui légèrement dépassé les attentes en s’établissant à 11,58 milliards d'euros, en hausse de 4%. Et si les analystes de Keefe, Bruyette & Woods (KBW) considèrent qu’ " il manque quelque chose" à ces résultats, le reproche est principalement adressé à la banque de détail en France.
Dans cette activité forcément scrutée de près s’agissant du premier métier de BNP Paribas, qui regroupe, outre la banque commerciale en France, la filiale italienne BNL Banca Commerciale, la banque commerciale en Belgique, la banque commerciale au Luxembourg, ainsi que la zone Europe Méditerranée, le produit net bancaire a grimpé de 6,1%, à 6,75 milliards d’euros, porté par la très forte hausse des revenus nets d’intérêt. Soit l’indicateur le plus scruté depuis que la Banque centrale européenne (BCE) a entamé l’an dernier son cycle de hausse des taux, puisqu’il mesure la différence entre les intérêts que les banques gagnent sur les prêts et ceux qu'elles versent sur les dépôts. Le hic (pour les banques) étant que les emprunteurs français sont bien mieux protégés que les autres de ce mouvement, puisqu’ils empruntent essentiellement à taux fixe quand leurs voisins le font à taux variables. D’où la baisse de 5,9% des revenus d’intérêt de BNP Paribas en France au troisième trimestre, à 1,6 milliard d’euros. Une faiblesse en France qui peut sembler "préoccupante" aux yeux des analystes Keefe, Bruyette & Woods, mais qui est toutefois à relativiser.
Sous-évaluée
Comme le remarque en effet UBS, "la préférence des investisseurs pour les banques qui bénéficient le plus fortement à court terme des hausses de taux, et pour les établissements disposant d’activités de banque de financement et d’investissement (CIB) de plus petite taille, aboutit à ce que BNP Paribas se retrouve sous-évaluée par rapport à ses perspectives et surtout relativement sous-appréciée dans l'éventualité d'un retournement du cycle des taux européens". Or, sans parler à ce stade de retournement, la Banque centrale européenne (BCE) vient justement d’acter une pause dans ses hausses de taux.
Quant à la banque de financement et d’investissement de BNP Paribas (pôle CIB), elle s’est particulièrement bien comportée au cours du trimestre écoulé, dépassant les attentes des analystes. Il faut voir sa croissance de 5,1% à changes et périmètre constants comme la résultante de la diversification de son modèle, les fortes progressions de 24,7% et de 12,4% respectivement des activités de conseil et de financement des entreprises (Global Banking) et de Securities Services ayant facilement compensé le recul de 8,4% des activités de marché (Global Markets).
De même, souligne de son côté Jefferies, si les résultats de BNP Paribas ne sont certes pas "aussi solides que ceux des banques plus sensibles aux taux ", le ratio CET1 de solvabilité de la banque "est légèrement supérieur aux attentes à 13,4%", contre 13,3% visé par le consensus. S’il a diminué de 20 points de base au troisième trimestre, ce ratio a en réalité progressé compte tenu des 40 points de base amputés par la seconde tranche de 2,5 milliards d’euros du programme de rachats d’actions.
La bonne maîtrise des frais de gestion, qui s'est une nouvelle fois traduite par un effet de ciseaux positif, et un coût du risque toujours très bas à moins de 40 points de base, viennent par ailleurs conforter les prévisions de moyen terme. BNP Paribas a confirmé jeudi tous ses objectifs financiers à horizon 2025. Notamment, la banque dirigée par Jean-Laurent Bonnafé table toujours sur une croissance moyenne de son résultat net par action de plus de 9% par an sur 2022-2025, et de plus 12% du bénéfice par action, grâce aux rachats d'actions.
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