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Pour Sanofi, la voie de l’après-Dupixent est tracée / Mais la stratégie prendra du temps à faire effet
Depuis l’abandon fin octobre de son objectif de marge à horizon 2025, Sanofi traverse une période délicate. Son médicament phare, le Dupixent, notamment approuvé pour le traitement de l’eczéma et de l’asthme sévère, a beau accumuler les milliards de ventes (2,8 milliards d’euros au cours du seul troisième trimestre 2023), cela ne suffit pas aux marchés financiers qui voudraient – à défaut de prévisions financières fiables – pouvoir s’appuyer sur un pipeline de médicaments plus étoffé qu’aujourd’hui. L’enjeu étant de disposer de leviers de croissance à même de remplacer justement le Dupixent lorsque le brevet de ce médicament multi-blockbuster tombera en 2031.
Le fait est que le groupe a justement sacrifié ses prévisions de résultats financiers à court terme pour privilégier sa recherche et développement. Le R&D Day qu’il organisait jeudi dernier à New York lui donnait donc l’occasion de convaincre investisseurs et analystes du bien fondé de sa stratégie. Le résultat de cet exercice de communication a semblé mitigé, avec un cours de Bourse qui a peu réagi dans un premier temps.
S’agissant du Dupixent, Sanofi a annoncé que le rythme de croissance annuel du produit "devrait se maintenir dans la fourchette inférieure à deux chiffres entre 2023 et 2030", ce qui devrait porter ses ventes au-delà des 20 milliards d’euros à cet horizon. Sanofi partageant les ventes du Dupixent à 50/50 avec son partenaire américain Regeneron, la question est donc de savoir si le groupe a ce qu’il faut dans son portefeuille de produits en développement pour remplacer la moitié de ces 20 milliards.
Pour jouer ce rôle de relais de croissance, Sanofi a annoncé jeudi disposer de douze blockbusters potentiels en cours d’étude clinique : neuf médicaments et vaccins innovants avec un chiffre d’affaires potentiel de 2 à 5 milliards d’euros chacun, auxquels s'ajoutent trois actifs aux potentielles multiples indications avec un chiffre d’affaires potentiel de plus 5 milliards d’euros chacun en rythme de croisière. De fait, si cet objectif était atteint, les lancements de médicaments innovants du groupe généreraient un chiffre d'affaires supérieur à celui nécessaire pour remplacer les ventes de Dupixent à l'expiration de son brevet.
Des projections qui tendent à montrer que la voie est tracée au-delà de la perte d'exclusivité du Dupixent. Néanmoins, comme le font remarquer les analystes de Jefferies, "il faudra du temps pour évaluer les opportunités commerciales de ces actifs clés" parmi lesquels figurent, notamment l'amlitelimab (eczéma), le frexalimab (sclérose en plaques), ou le traitement d’immunologie rilzabrutinib, entre autres. "Un retour de confiance des investisseurs dans son pipeline ne pourra se faire qu’avec des résultats cliniques probants et malheureusement ceux-ci ne seront que progressifs entre le second semestre 2024 et 2027", abonde le cabinet Oddo BHF. En termes de calendrier, les résultats de la première étude de phase III (qui précède la demande de mise sur le marché) de l’important programme clinique de Sanofi concerneront la molécule tolebrutinib développée dans le traitement de la sclérose en plaques. Ils sont attendus mi-2024.
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