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BNP Paribas déçoit des attentes élevées / A plus de 11 milliards d’euros, son bénéfice 2023 n’en est pas moins record
La saison des résultats des banques françaises n’a pas débuté de la meilleure des manières. En baisse de près de 7 % jeudi après-midi (après avoir perdu jusqu’à 10 % en tout début de séance) à la Bourse de Paris, l’action BNP Paribas n’avait pas connu pareille déconvenue depuis la déflagration causée en mars 2023 par l’effondrement de Credit Suisse. A la différence que la cause du préjudice n’est cette fois-ci pas extérieure à l’établissement dirigé par Jean-Laurent Bonnafé. Non pas qu’il y ait réellement matière à inquiétude, mais la régularité avec laquelle la banque dépassait généralement les attentes des analystes l’exposait sans doute un jour au phénomène inverse.
La première banque de la zone euro a donc déçu avec ses résultats de son quatrième trimestre 2023. Son produit net bancaire (PNB) s’est établi sur la période à 10,9 milliards d’euros, alors qu’il était attendu à 11,4 milliards d’euros par le consensus. Le résultat brut d’exploitation (RBE) est ressorti à 3,1 milliards d’euros, à comparer aux 3,5 milliards d’euros attendus par les analystes. Le bénéfice net a été divisé par deux par rapport à la même période de l’année précédente, à 1,07 milliard d’euros, et " la propre mesure de la performance sous-jacente de la banque, le résultat distribuable, part du groupe, s’élève à 2 milliards d’euros pour le trimestre, soit 18 % de moins que le consensus qui était de 2,44 milliards d’euros ", notent les analystes d’UBS.
Personal Finance et immobilier à la traîne
Cette contreperformance peu appréciée des marchés a pour circonstance atténuante d’être en partie liée à une série de charges exceptionnelles, constituées essentiellement de provisions pour litiges relatifs aux portefeuilles de prêts hypothécaires de l’activité Personal Finance et de la Pologne, le tout pour 645 millions d’euros.
Le pôle CPBS (Commercial, Personal Banking & Services), qui regroupe les activités de banque de détail de la banque, a de nouveau été le principal moteur de croissance des revenus de BNP Paribas ce trimestre. Son produit net bancaire a augmenté de 1,9 % à 6,25 milliards d’euros, malgré une activité Personal Finance toujours affectée par le cycle actuel, et grâce à des banques de détails à l’international dont les revenus nets d’intérêt ont continué de progresser (+19,2 % en Italie et +4 % en Belgique), profitant toujours de la hausse des taux au travers de leurs crédits à taux variables, la banque de détail française restant sans surprise à la traîne avec des revenus nets d'intérêt en recul de 4,6 %.
Dans le même temps, le pôle Corporate and institutionnel banking (CIB) a connu des fortunes diverses selon les activités. Car si les revenus issus du trading d’actions et des services de prime brokerage ont grimpé de 69 % à 658 millions d’euros au cours du trimestre, dépassant les estimations, le négoce de titres à revenu fixe, de devises et de matières premières (FICC) a chuté de 32 %.
De son côté, la branche Investment & Protection Services (IPS), qui regroupe les activités de gestion d’actifs et d’assurance, a vu ses revenus diminuer de 12,9 % à 1,33 milliard d’euros, prenant les attentes à contre-pied. Ce recul découlant des difficultés des divisions immobilières et de capital-investissement de la banque, toutes deux confrontées à un environnement opérationnel difficile.
Des objectifs 2025 revus en baisse à la marge
L’autre point cristallisant la déception des investisseurs concerne la remise en cause, certes à la marge, d’une partie des objectifs financiers inscrits dans son plan stratégique GTS 2025.
Face à la dégradation désormais plus marquée de l’environnement économique, la banque française estime désormais que son résultat net part du groupe devrait croître annuellement d’environ 8 % en moyenne entre 2022 et 2025 contre au moins 9 % prévu auparavant. Elle prévient par ailleurs qu’en raison de différentes décisions d’autorités publiques, la rentabilité des capitaux propres tangibles (ROTE) à horizon 2025 devrait ressortir entre 11,5 % et 12 %, au lieu des 12 % visés précédemment. "C’est une approche prudente, 2026 permettra d’atteindre les 12 %, parce que les deux métiers qui sont le plus à la peine dans ce cycle très particulier [Personal Finance et Real Estate, ndlr] sont en train d’être repositionnés ", a souligné Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas, lors d’une conférence de presse.
Et il n’en demeure pas moins par ailleurs que le résultat net distribuable de 11,2 milliards d’euros dégagé par la banque en 2023, en forte croissance de 10,2 % par rapport à 2022, est le plus élevé de son histoire. Qu’il est conforme à l’objectif qu’elle s’était fixé, tandis que ses indicateurs demeurent parfaitement sains, le groupe continuant à générer un effet de ciseaux (écart entre la progression des revenus et la croissance des charges) positif tout en maintenant son coût du risque à un niveau bas (32 points de base). Et sa structure financière n’inspire aucune inquiétude : le ratio de fonds propres durs dit "CET1" de 13,2 % est d’ores et déjà suffisamment élevé pour absorber la finalisation des nouveaux accords de Bâle qui définiront le cadre réglementaire du système financier européen à compter de 2025.
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