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Sanofi n’excite pas les marchés / Des résultats volontairement en retrait pour préparer l'avenir

Des ventes de vaccins en deçà des attentes et un fort impact de change ont conduit Sanofi à décevoir les marchés avec ses résultats du quatrième trimestre 2023. L’exercice qui vient de débuter ne verra pas d’embellie alors que le groupe est concentré sur le long terme avec son programme de développement de nouveaux traitements.
Paul Hudson, le directeur général de Sanofi - Photo by ERIC PIERMONT / AFP
Paul Hudson, le directeur général de Sanofi - Photo by ERIC PIERMONT / AFP

Un tien vaut mieux que deux tu l’auras. Les investisseurs font leur cette maxime après la publication jeudi des résultats 2023 de Sanofi. Ils sanctionnent des performances financières inférieures à leurs anticipations au quatrième trimestre de l’année écoulée, refusant de donner un blanc-seing au directeur général, Paul Hudson, tandis que celui-ci leur fait miroiter un avenir radieux. "Nous sommes en passe de devenir une puissance en immunologie", a déclaré le dirigeant aux journalistes jeudi, le groupe visant 10 milliards d’euros de ventes supplémentaires environ d’ici à 2030 grâce aux lancements de produits récents et à venir. Le moment actuel, a-t-il ajouté, est "le plus excitant de l’histoire de Sanofi".

Une excitation peu communicative pour l’instant, l’action Sanofi ayant terminé la séance en baisse de 4,1%, à 89,5 euros. A court terme, les actionnaires ont compris qu’ils devaient prendre leur mal en patience face à des ventes qui progressent difficilement, et des bénéfices qui reculent, le groupe ayant décidé de mettre l’accent sur sa recherche et développement (R&D) et son portefeuille de produits en développement en visant le long terme. Un choix assumé et dont l’annonce en octobre dernier avait provoqué un petit séisme boursier, depuis en partie rattrapé.

 

Le Dupixent poursuit son essor

 

Le résultat net des activités s’est ainsi inscrit en recul de 2,7% sur les trois mois d’octobre à décembre 2023, à 2,08 milliards d’euros, et le bénéfice net des activités par action a diminué de 2,9%, s’établissant à 1,66 euro, en deçà de l’estimation moyenne de 1,70 euro du consensus Vara Research. De même, le chiffre d'affaires de 10,9 milliards d’euros, en légère hausse de 1,8%, n’a pas atteint les 11,04 milliards d’euros anticipés par les analystes. Et tandis que la hausse des dépenses de R&D (+6,6%) et des frais commerciaux et généraux (+7,4%) pèse sur les résultats, le groupe doit faire face à un fort vent contraire des devises. L'effet change s’est avéré négatif de 8% sur le chiffre d’affaires et même de 11% sur la dernière ligne du compte de résultat.

En outre, les ventes de vaccins contre la grippe ont déçu alors qu’il s’agit d’un traditionnel point fort du groupe qui détient à lui seul un tiers de ce marché. Elles se sont établies à 741 millions d'euros sur le trimestre écoulé, contre 834 millions d’euros attendu, en recul de 4% sous l’effet d’une baisse du taux de vaccination et de l’augmentation de la concurrence sur ce segment aux Etats-Unis.

Tout n’est pas négatif cependant, loin de là. Les ventes du Dupixent, le produit phare du groupe utilisé pour traiter plusieurs maladies inflammatoires, et principal moteur de croissance du groupe, ont progressé au quatrième trimestre de 31,3% à taux de change constants, à 2,99 milliards d'euros. Egalement, les ventes du Beyfortus, un anticorps indiqué chez les nouveau-nés et nourrissons dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures, lancé il y a quelques mois seulement, dépassent les projections les plus optimistes, s’élevant déjà à 410 millions d’euros.

 

Effet devises délétère

 

Pour 2024, le groupe a réitéré ce qu’il avait déjà indiqué à l’automne lors de son "profit warning", à savoir qu’il s’attend à une baisse de son bénérice par action des activités à taux de change constants "dans le bas de la fourchette à un chiffre" par rapport à 2023. Ce à quoi il faudra cependant rajouter un impact de change qui s’annonce encore une fois très négatif, estimé à environ 3,5% à 4,5% en appliquant les taux moyens de janvier 2024, et dont l’ampleur n’avait pas été anticipée. Selon le cabinet Oddo BHF, le consensus des analystes pourrait ajuster à la baisse ses prévisions de bénéfice par action 2% à 3% au cours des prochains jours, "en grande partie du fait de cet effet devises délétère".

Et ce tandis que "le changement de directeur financier pourrait peser sur le sentiment des investisseurs à court terme", observe de son côté le courtier Jefferies. Sanofi a profité en effet de la publication de ses résultats pour annoncer le départ de Jean-Baptiste Chasseloup de Chatillon, qui était en poste depuis 2018. Il sera remplacé dès avril par François-Xavier Roger, ancien directeur financier de Nestlé.

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