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Les inondations ont coûté cher au Crédit Agricole / Mais la banque de financement et d’investissement fait des étincelles
Publier des résultats records ne préserve pas des déceptions. Cela s’est vu avec BNP Paribas. Ceux du Crédit Agricole l’illustrent également, de manière à peine atténuée. Si sur l'ensemble de l'exercice 2023, Crédit Agricole SA, l’entité cotée de la banque verte, est parvenue à faire progresser de 19,6% son résultat net part du groupe, à 6,35 milliards d'euros, son plus haut niveau jamais atteint, son cours de Bourse abandonne jeudi plus de 6%, à 12,2 euros.
L’explication réside dans un quatrième trimestre mitigé. Le résultat net part du groupe a chuté de 25% pour s’établir à 1,3 milliard d’euros sur la période. La faute en particulier aux inondations dans le Pas-de-Calais, la branche Crédit Agricole Assurances ayant dû supporter une charge de 262 millions d'euros, pour 66 000 sinistres indemnisés. A cela s'est ajouté l'impact de l'entrée en vigueur de la norme comptable sur les passifs d'assurance, Crédit Agricole ayant retraité ses résultats de 2022 sous la nouvelle norme comptable IFRS 17, ce qui a entraîné un ajustement de 205 millions d'euros.
A ce propos, Jérôme Grivet, le directeur général délégué de Crédit Agricole, en charge du pilotage et des fonctions de contrôle, a tenu à souligner que le résultat de la banque n'avait pas réellement baissé de 25 % par rapport à celui publié il y a un an. "Nous avons recalculé les résultats de 2022 pour tenir compte du passage de la nouvelle norme comptable IFRS 17 sur l'assurance, afin que les comparaisons entre 2023 et 2022 soient les plus pertinentes possibles", a-t-il expliqué lors d’une conférence téléphonique. La différence entre le résultat de 1,3 milliard d’euros du quatrième trimestre 2023 et le chiffre brut publié il y a un an se limite en réalité à 15%.
Une banque de détail à la peine
Il n’en demeure pas moins que les comptes du quatrième trimestre se révèlent en deçà des anticipations. A 1,9 milliard d’euros, le résultat net sous-jacent avant impôt s’inscrit 7% sous le consensus. La différence atteint 11% au niveau du résultat brut d’exploitation, qui s’est établi à 2,33 milliards d’euros, contre 2,6 milliards d’euros anticipés en moyenne par les analystes. De fait, cette ligne du compte de résultat a affiché des performances inférieures aux anticipations "dans toutes les principales divisions en contact avec la clientèle autres que la Banque de financement et d’investissement (BFI) où les activités de financement ont bien performé, soutenues par les taux", observent les analystes d’UBS.
C’est particulier le cas de la banque de détail en Italie et de l’assurance. Et si pour cette dernière, les sinistres susmentionnés, liés aux conditions météorologiques, perturbent logiquement la lecture de la performance sous-jacente, "la première impression est que l’activité a été plus faible que prévu", ajoutent-ils, "y compris dans la banque de détail en France", celle-ci ayant connu en 2023 un décrochage de la production de crédit immobilier. Même si "ce n'est pas parce que l'on ralentit la production de nouveaux crédits que les encours baissent, au contraire", a fait remarquer Jérôme Grivet.
La croissance très modérée de 1,2% en données publiées des revenus de Crédit Agricole SA au quatrième trimestre - qui sont mêmes demeurés stables en données sous-jacentes - pourrait donner l'impression que la dynamique de la banque verte s'est interrompue à la fin de l’année dernière. Une interprétation trompeuse, "erronée", selon Jérôme Grivet. "C'est l'Assurance qui explique cette baisse", a souligné le dirigeant, la croissance des revenus hors assurance au quatrième trimestre ayant été de 9,1 %, soit "du même ordre de grandeur que la croissance que nous avons enregistrée sur l'ensemble de l'année", a-t-il ajouté.
Une BFI record
En contrepoids, les dirigeants du Crédit Agricole n'ont pas manqué, à juste titre, de mettre en avant la belle performance de la BFI en 2023, CACIB ayant réalisé une performance historique avec un produit net bancaire qui dépassé la barre des 6 milliards d'euros et un résultat en hausse de 14,6%, à 1,7 milliard d'euros, un nouveau record.
Un autre élément sur lequel la banque verte a surpris favorablement est le dividende. Crédit Agricole SA propose de verser 1,05 euro par action cette année aux actionnaires au titre de l’exercice 2023, soit un montant supérieur à celui de 0,97 euro attendu par les analystes, rendu possible par une rentabilité des capitaux propres toujours excellente.
Le retour sur fonds propres tangibles (RoTE, ou Return on Tangible Equity) s’est en effet maintenu en 2023 à 12,6%, soit le même niveau qu’en 2022, sachant que sur les sept dernières années (mis à part l’exception de 2020 provoquée par le Covid) Crédit Agricole SA a toujours affiché un RoTE supérieur à 11%. "Nous nous situons toujours au-dessus de la moyenne des grandes banques européennes", a souligné Jérôme Grivet.
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