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FL Entertainment
FL Entertainment a amplifié sa création de valeur en 2023 / Elargir le flottant permettra d’en faire profiter les actionnaires
Plus qu’une confirmation. Alors que 2022 avait été solide, le deuxième exercice du groupe de divertissement rassemblant Banijay et Betclic piloté par Stéphane Courbit a établi des performances records. En 2023, le chiffre d’affaires de FL Entertainment a progressé de 8,5 %, à taux de change constant par rapport à 2022. Et en intégrant en année pleine l’effet des acquisitions réalisées, notamment sur le dernier trimestre, la progression a atteint 13,8 %, pour un chiffre d’affaires de 4,5 milliards d’euros en pro forma.
Cette performance "est le reflet d’une activité commerciale très soutenue, portée par l’augmentation de la diversité de nos offres, que ce soit dans la production et distribution de contenus ou dans le pari sportif", explique à WanSquare Sophie Kurinckx-Leclerc, la directrice financière de FL Entertainment. Mais aussi d’une croissance externe demeurée dynamique. Celle-ci "a permis notamment de développer une nouvelle activité dans la production d’expériences et de compléter offre de contenus audiovisuels", ajoute-t-elle.
Sur le plan de la rentabilité, l’Ebitda a augmenté de 11,8 %, à 737 millions d’euros, et si l’on intègre de la même façon l’effet pro forma des acquisitions réalisées, le résultat s’établit à 756 millions d’euros, soit une hausse de 15 %.
"Expériences live"
En matière d’acquisitions, Banijay a opéré un mouvement stratégique remarqué en se diversifiant dans la production d’"expériences live" avec la prise d’une participation majoritaire dans Balich Wonder Studio. Lors de la prise de contrôle annoncée l’été dernier de la société d’événementiel italienne, qui a organisé le plus grand nombre de cérémonies de Jeux olympiques au monde (elle sera dans le consortium organisant la cérémonie de clôture des JO de Paris) et d’autres événements tels la Coupe du monde de la FIFA 2022 au Qatar ou les cérémonies des Jeux panaméricains, FL Entertainment a créé Banijay Events. Une nouvelle entité dirigée par François de Brugada, jusqu’alors directeur général France de Banijay, dont l’ambition est tout simplement de devenir un "leader mondial" de la production d’événements live.
En parallèle, FL Entertainment a acquis une participation minoritaire dans The Independents, un spécialiste des événements et du marketing digital dans la mode, le luxe et le "lifestyle", lui-même très dynamique en matière de croissance externe puisqu’il a racheté en début d’année la société parisienne Atelier ATHEM, à l’origine de la façade en trompe-l’œil habillant l’Opéra Garnier pendant ses travaux de rénovation.
Tout en marquant une diversification dans un domaine à fort potentiel, cette nouvelle ligne de métier "expériences live" a beaucoup de similitudes avec l’activité historique de Banijay dans la production et la distribution de contenu audiovisuel. "Les fondamentaux sont très proches, c’est une activité B to B de créatif, et une activité totalement financée avant chaque projet, donc totalement dérisquée et très génératrice de cash-flow", explique Sophie Kurinckx-Leclerc.
Croissance très forte dans le streaming
Sachant que, hors croissance externe, la forte performance de Banijay a été réalisée dans un contexte économique qui n’était pas des plus simples. Les chaînes linéaires, qui constituent une grosse partie de sa clientèle, ont subi une baisse de leurs revenus publicitaires, tandis que les plates-formes de streaming telles que Netflix ont réduit leurs dépenses de contenu pour parvenir la profitabilité. Un environnement dans lequel Banijay a su tirer son épingle du jeu grâce à ses émissions stars comme Survivor, MasterChef, Big Brother ou encore l’Île de la Tentation. "C’est notre grande force, les chaînes se replient sur ce que l’on appelle les ‘superbrands’qui ont fait leurs preuves et attirent de l’audience", souligne Sophie Kurinckx-Leclerc.
Et d’autre part, "nous avons beaucoup fait croître notre part de marché dans le streaming. En deux ans, notre revenu réalisé avec les plate-formes de streaming a augmenté de 75 %", ajoute la directrice financière. Et ce relais de croissance est appelé à perdurer dans la mesure où ces plates-formes réallouent doucement mais sûrement une partie de leur budget de production vers des contenus de flux qui leur coûtent moins cher.
Dans le même temps, l’activité jeux en ligne de Betclic se porte très bien, la progression de 19 % du chiffre d’affaires s’est accompagnée l’an dernier d’une hausse de 23 % du nombre de joueurs actifs. Un léger différentiel de croissance impliquant une baisse du pari moyen qui ne pose d’ailleurs aucun problème à la société, puisque "cette évolution entre totalement dans notre démarche de jeu responsable", observe Sophie Kurinckx-Leclerc. Betclic a d’ailleurs obtenu l’an dernier la certification internationale de jeu responsable délivrée par l’organisation caritative britannique GamCare.
L’année 2024 s’annonce porteuse
En deux ans, les revenus de FL Entertainment ont ainsi augmenté de 30 %, soit de 1 milliard d’euros environ, tandis que l’Ebitda a progressé de 26 %, soit de 156 millions d’euros supplémentaires. Ce qui ne se reflète absolument pas dans le cours de Bourse, qui accuse un repli de 8 % depuis l’introduction sur Euronext Amsterdam au prix de 10 euros en juillet 2022. La faute en partie à des faibles échanges sur l’action FL Entertainment liés à un flottant très faible compte tenu de la participation d’un peu plus 46 % du capital de Stéphane Courbit (via la Financière Lov) de celle de près de 20 % de Vivendi, sans oublier la Société des bains de mer de Monaco (10,3 %), Fimalac (7,7 %) et De Agostini (5 %). Une situation à laquelle la société souhaite remédier. "Nous travaillons sur le sujet. Pour faire bénéficier nos actionnaires de cette création de valeur, un élargissement du flottant va être nécessaire. Ce sera l’une de nos priorités en 2024", indique Sophie Kurinckx-Leclerc.
Une année 2024 pour laquelle le groupe vise une croissance organique élevée à "un chiffre" de son Ebitda ajusté. Celle-ci sera soutenue par le lancement de plusieurs programmes importants chez Banijay (saison 2 de Marie-Antoinette, Master Chef aux US) ainsi qu’un calendrier fourni de grands évènements sportifs chez Betclic (Coupe d’Afrique des Nations début 2024, Euro de football en juin, Jeux Olympiques à l’été). Elle sera aussi probablement renforcée par de nouvelles acquisitions ciblées.
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