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BNP Paribas mise sur son « corridor transatlantique » aux États-Unis / Le marché américain du financement reste dynamique
Entre les invasions d’abeilles et la pluie qui a retardé de plusieurs heures les demi-finales, le millésime 2024 du BNP Paribas Open n’a pas été exempt de surprises pour ses spectateurs, dont Bill Gates et Larry Ellison (propriétaire du tournoi depuis 2009), ou encore Charlize Theron, Zendaya et Tom Holland côté show-business. Mais pour les directeurs Américains de la banque qui avaient tous fait le déplacement pour des conférences et rendez-vous clients, c’était "business as usual".
"Nous avons un plan de développement stratégique de long terme aux États-Unis, et tirons parti des opportunités qui se présentent en chemin, comme nous l’avons déjà fait avec l’intégration des activités de prime services de Deutsche Bank et celles d’Exane", explique Jean-Yves Fillion vice-chairman de BNP Paribas USA. La banque a intégré les activités de Global Prime Finance et Electronic Equities de Deutsche Bank en 2022, lancé Exane aux États-Unis fin 2022, pour lequel elle vient d’annoncer une série de nominations seniors, et ouvert un bureau à Miami en fin d’année dernière. Le dirigeant se dit optimiste grâce aux échos de ses clients locaux, qui montrent un fort appétit pour des investissements en capex, des stratégies de couverture sur les taux, les commodities et un intérêt pour les M & A, à la faveur de marchés très bullish en ce début d’année.
Certes, la banque verte fait face à des mastodontes Américains, et si elle ne peut viser le haut des league tables sur le marché outre-Atlantique, elle a pour ambition de progresser dans le Top 10 des activités de marché et M & A face à ses pairs européens, Barclays en particulier. "Nous y allons étape par étape et offrons une expertise cross border précieuse à nos clients des deux côtés de l’Atlantique", ajoute Jean-Yves Fillion. Du côté des clients Américains, l’Europe est aussi un territoire de diversification, avec des positionnements sur le franc suisse mais aussi des levées de capitaux en euros et dollars simultanément, une expertise maison chez BNP Paribas.
Un timing chanceux
Le timing a parfois été chanceux aux États-Unis pour la banque dirigée par Jean-Laurent Bonnafé. Elle a ainsi annoncé le closing de la vente de Bank of the West à Bank Of Montreal fin janvier 2023, soit à peine quelques semaines avant la débâcle de Silicon Valley Bank. Et a engrangé la coquette somme de 16 milliards de dollars, de quoi alimenter son trésor de guerre pour monter en puissance dans ses activités américaines.
Car au plan macroéconomique, le scénario apocalyptique qui se profilait en fin d’année dernière aux États-Unis ne s’est finalement pas matérialisé. L’inversion de la courbe des taux n’a pas conduit à une entrée en récession, et BNP Paribas a revu les objectifs de croissance de 1 à 2 % aux États-Unis cette année. Si la Fed a mené une politique agressive de resserrement des taux de plus de 500 points de base en 16 mois, elle s’est produite dans une économie dynamique, encore perfusée par les 500 trillions de dollars de politiques de relance fiscales de l’ère Covid. "Nous notons un choc positif d’offre de travail en raison de la forte immigration légale et illégale aux États-Unis. L’inflation ne reviendra probablement pas à l’objectif des 2 % d’ici à la fin de l’année, donc la Fed se dit qu’elle n’est pas pressée de baisser les taux", explique Carl Riccadonna, chef économiste US de BNP Paribas. La banque anticipe un assouplissement de la politique monétaire à 4,75 % fin 2024, et 4 % à fin 2025.
L’élection présidentielle de novembre prochain peut-elle perturber l’enthousiasme des entreprises et des marchés américains ? Pour l’instant, les entreprises et consommateurs n’ont pas cédé à l’attentisme des années électorales, et le chef économiste s’appuie sur le "Misery index", qui combine le taux de chômage et d’inflation, et donne le pouls des Américains moyens. Bien situé en ce moment, il serait favorable au Président sortant, Joe Biden. Mais la macroéconomie va-t-elle vraiment déterminer l’issue de ces élections ?
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